A ce rythme, l’Algérie risque de ne plus pouvoir financer dans les années à venir son système de retraites. La menace est à prendre très au sérieux car les comptes de la Caisse Nationale des Retraites (CNR) ne suffisent plus pour financer les retraites dans un pays où l’économie est dangereusement en panne. Et pour éviter le non-paiement des retraites des Algériens, l’Etat a prêté de l’argent, beaucoup d’argent, à la CNR. Plus exactement 290 mds DA seront attribués aux retraites, et auxquels s’ajoutera une dotation d’appui de 500 mds DA à la Caisse Nationale des Retraites (CNR). Cela signifie que près de 7,5 milliards de dollars ont été sortis par l’Etat pour permettre aux Algériens de percevoir leurs retraites ! Explications. 

 

Le financement du système de retraite en Algérie cause un véritable problème car notre économie ne rapporte pas suffisamment d’argent pour le financer. Il faut donc recourir aux crédits budgétisés pour les transferts sociaux et creuser ainsi le déficit de notre Trésor publique. Mais qu’est-ce qui explique une telle situation aussi délicate ? En réalité, la sonnette d’alarme a été tirée depuis 2016 : le nombre des cotisants est largement en baisse dans notre pays. « Dans les années 80, on avait sept (7) travailleurs pour un (1) retraité. Aujourd’hui, ils sont moins de trois (3) à cotiser pour chaque pensionné », avait reconnu à l’époque l’ancien Premier-ministre, Abdelmalek Sellal en marge de sa visite de travail dans la wilaya de Saïda.

C’est dire que l’Algérie a profondément besoin d’une réforme de son système de retraite. Dans une conjoncture marquée par une crise économique conséquente à la chute des prix des hydrocarbures, nécessitant une rationalisation des dépenses publiques, l’Etat algérien était contraint de suspendre le départ à la retraite sans condition d’âge. En effet, il n’est plus possible de continuer à maintenir cette disposition, sous peine de porter préjudice aux équilibres financiers de la Caisse Nationale des Retraites (CNR).

Des équilibres réellement menacés car les dépenses de la CNR augmentent vertigineusement. D’après les chiffres communiqués par le gouvernement, le montant de ces dépenses est passé de 797 milliards DA en 2014 à 507 milliards DA pour le seul premier semestre 2016, soit près de 5 milliards de dollars ! Une somme appelée à dépasser les 1.000 milliards DA, soit près de 9 milliards de dollars, au titre de l’année en cours, soit une augmentation de 200 milliards DA, environ deux milliards de dollars, durant cette période de référence (2014-2016).

Ils s’agit donc d’un véritable bourbier financier. Et des réformes urgentes s’imposent. Et pour ce faire, le texte de loi, qui avait été soumis pour adoption devant le Parlement prévoit, outre la limitation de l’âge de départ à la retraite, le maintien de la retraite anticipée pour les femmes et les métiers « hautement pénibles », les dispositions d’application devant intervenir ultérieurement. Et depuis l’adoption de ce nouveau texte de loi, les personnes désirant poursuivre leur travail jusqu’à l’âge de 65 ans, pourront le faire avec l’accord de leur employeur alors que ladite loi donne la possibilité aux travailleurs exerçant dans des métiers hautement qualifiés ou déficitaires (qui seront définis par voie réglementaire) d’exercer au-delà de l’âge de la retraite.

Ces mesures ont-elles suffit pour empêcher la faillite de notre système de retraites ? Décidément non surtout lorsqu’on sait que la caisse nationale des retraites gère plus de 2,8 millions de dossiers de retraites. Un nombre qui va augmenter dans les années à venir en raison du vieillissement progressif de notre population.

 

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