Ces dernières semaines, beaucoup de médias et de chapelles politiques tentent de nous faire croire qu’un 5e mandat successif pour Abdelaziz Bouteflika est une option qui a été définitivement enterrée. Cette thèse ne semble pas fondée car le 5e mandat compte toujours et encore de nombreux partisans au sein du sérail. C’est du moins ce que nous avons pu confirmer au cours de nos recherches. 

Il est vrai que depuis le départ de Djamel Ould Abbès de la direction du FLN, les appels au 5e mandat se font rares. Au RND comme dans les autres partis qui ont prêté allégeance depuis de nombreuses années à Abdelaziz Bouteflika, la nouvelle terminologie employée fait référence à « la continuité ». Mais plus de 5e mandat dans le discours. Est-ce une raison pour autant pour conclure qu’il n’y aura plus de 5e mandat ? Non, loin s’en faut.

D’abord, cette agitation politique autour de la thèse du report des élections présidentielles ne signifie nullement qu’une décision officielle a été prise pour l’entériner. Et le scénario d’un 5e mandat demeure totalement possible pour la simple raison que plusieurs décideurs dans l’entourage présidentiel ne cessent de défendre cette option. Oui, contrairement à ce que veulent nous faire croire certains médias, les partisans du 5e mandat sont nettement plus nombreux que ses adversaires. Et pour cause, le consensus autour de la personne d’Abdelaziz Bouteflika est général. Seule la question de son état de santé pose encore problème.

Mais si une amélioration notable de son état de santé venait à se produire dans les jours à venir, le 5e mandat passera comme une lettre à la poste. Les partisans du 5e mandat tablent, d’ailleurs, sur la capacité d’Abdelaziz Bouteflika à poursuivre sa mission de Président de la République. « En février 2017, tout le monde avait tablé sur la détérioration définitive de l’état de santé du Président à la suite de l’annulation de la visite d’Angela Merkel. Mais quelques mois plus tard, la chancelière allemande a fini par voir le président Bouteflika qui a est apparu le plus normalement possible devant les caméras des télévisions », rétorque une source proche très bien introduire au coeur du sérail.

La santé d’Abdelaziz Bouteflika ne serait-elle donc pas une équation qui compromet définitivement le 5e mandat ? Oui, nous répondent plusieurs partisans de la reconduction du président sortant.  « Tous les Algériens savent que le président Bouteflika est malade. C’est un secret de polichinelle. Je dirai même que la question de la maladie du Président s’est banalisée puisqu’elle n’a pas empêché réellement le fonctionnement normal de l’Etat et l’Algérie est restée stable et paisible », observe de son côté un cadre du FLN et fervent défenseur du 5e mandat.

Force est, ainsi, de constater qu’aux yeux de plusieurs partisans d’Abdelaziz Bouteflika, la véritable continuité, c’est le 5e mandat. A les entendre, c’est la seule possibilité qui garantit la stabilité institutionnelle et politique du pays en évitant les luttes claniques que provoquera une crise de succession. Mais comment peut-on s’assurer du bon déroulement de la gouvernance du pays pendant les 5 années à venir si le 5e mandat est officiellement lancé ?

A cette question, les laboratoires du sérail ont travaillé sur un projet qui va reconfigurer les rapports de force au sein de l’Etat algérien. Il s’agit de créer le poste de vice-président. Ce dernier sera mis en place à la fin des élections présidentielles d’avril 2019 à la lumière d’une révision constitutionnelle. Et le futur vice-président sera doté de plusieurs pouvoirs qui lui permettront de supplier l’absence chronique du Chef de l’Etat. Il est question, à titre d’exemple, de présider les conseils des ministres ou même de signer les lois de finances.

Une autre thèse est également en cours d’études. Il s’agit de créer deux vice-présidents. Le premier sera chargé de gérer les affaires politiques et le deuxième s’occupera des questions économiques. Mais cette thèse cause problème puisqu’elle risque de créer de nombreux centres de décision qui pourront, ensuite, entrer en conflit. Quoi qu’il en soit, les réflexions sont toujours en cours. Et la reconduction du Président Bouteflika sera certainement accompagnée par de nouvelles modifications institutionnelles. Reste à savoir enfin si les partisans du 5e mandat persuaderont les plus réticents à se lancer dans cette nouvelle aventure.

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