Que va-t-il se passer en Algérie d’ici 2019 ? C’est la question qui taraude l’esprit de tous les Algériens ainsi que des observateurs étrangers. A moins d’un mois du début réglementaire de la campagne électorale pour les élections présidentielles de 2019, les Algériens ne savent toujours pas si le Président Bouteflika briguera ou pas un 5e mandat. Pis encore, des partis politiques et des figures emblématiques de la scène politicienne appellent même au report des élections présidentielles laissant planer ainsi une inquiétante incertitude politique.

Mais faut-il vraiment pendre au sérieux l’éventualité d’une élection présidentielle reportée ? Pour répondre à cette question, il faut comprendre qu’en réalité il y a uniquement trois scénarios possibles qui risquent de se produire au cours de l’année 2019 en Algérie. Ce sont les scénarios les plus probables, nous assurent de nombreuses sources bien placées au sein du sérail.

Scénario 1 : Un 5e mandat avec un nouveau poste de Vice-Président 

Ce scénario prévoit la tenue d’une élection présidentielle dans les délais comme il est prévu par la loi électorale en vigueur dans le pays, à savoir d’ici la fin du mois  d’avril 2019. Le quotidien gouvernemental El-Moudjahid a, d’ailleurs, affirmé récemment dans un édito qu’il n’a jamais été question de reporter l’élection présidentielle d’avril 2019. Le corps électoral sera donc convoqué entre le 3 et 17 janvier prochain. Les élections auront bel et bien  lieu. Le président Abdelaziz Bouteflika briguera un 5e mandat et les partis de l’Alliance Présidentielle se mobiliseront fortement pour gagner l’adhésion populaire. Après avril 2019, une nouvelle révision de la Constitution sera rapidement lancée pour créer le poste de Vice-Président qui n’est pas encore prévu constitutionnellement.

Ce Vice-Président sera, par la suite, désigné par le Président Bouteflika pour faciliter la gestion des affaires de l’Etat et pallier au « vide institutionnel » décrié régulièrement les opposants au régime algérien en raison de l’état de santé d’Abdelaziz Bouteflika.

Scénario 2 : une élection présidentielle reportée et prolongement de deux ans du mandat d’Abdelaziz Bouteflika

Ce scénario prévoit l’impossibilité de tenir le scrutin présidentiel en avril 2019 pour de nombreuses considérations liées notamment à l’absence d’un consensus au plus sommet de l’Etat. Et pour éviter les dangers d’une crise d’instabilité politique, les partis de l’Alliance Présidentielle comme les autres poids lourds de la scène politique y compris de l’opposition seront amenés à négocier le report de l’élection présidentielle. En parallèle, une révision constitutionnelle sera lancée au début du mois de janvier pour adopter le prolongement du mandat présidentiel de deux ans. Ainsi, une nouvelle constitution verra le jour pour mettre fin au quinquennat et adopter le septennat, à savoir un mandat présidentiel de 7 ans.

Scénario 3 : une élection présidentielle ouverte sans 5e mandat 

Ce scénario table sur une nouvelle reconfiguration politique de notre pays. Il s’agit de l’abandon pur et simple de l’option du 5e mandat. Ainsi, les élections présidentielles auront lieu comme prévu en avril 2019. Pour ce faire, le corps électoral sera convoqué d’ici le 17 janvier prochain. Le Président Bouteflika ne briguera pas de 5e mandat, mais il pourrait soutenir publiquement un candidat précis. Les autres candidatures seront libres et plusieurs personnalités présenteront leurs candidatures pour concurrencer le candidat « adoubé » par le Président sortant.

L’un de ces trois scénarios va déterminer l’avenir de l’Algérie. Aucun autre scénario n’est possible. Mais quelle option sera finalement retenue ? L’actualité houleuse nous fournira des réponses concrètes dans les jours à venir.

 

 

 

 

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