Ceux qui nous accusent d’avoir marché pour un patron, un milliardaire, un oligarque, ne feraient-ils pas mieux de nous demander  de démissionner de nos postes ? Puisque si marcher pour lui semble être une grosse erreur, ce ne serait pas le servir que de travailler pour lui ?
Au lieu de marcher pour maintenir nos postes, nous aurions dû marcher pour demander à les quitter. Demander à fermer Brandt, Uno, Numilog, MFG, les raffineries de sucre et d’huile pour finir par revivre les pénuries des années 80 et la vente concomitante. A moins que vous soyez nostalgique à la saveur du café au pois chiche. Demander à suspendre le journal Liberté et El Watan aussi et ainsi céder les acquis pour lesquels nous nous sommes battus durant des décennies.
Si c’est ça la solution, nous marcherons aussi pour demander la fermeture de toutes les autres entreprises, celles d’Ali Haddad, de Benamor, de Bellat, et pourquoi pas Sonatrach surtout que cette dernière semble être une malédiction.
Non ! Je suis certain que ce n’est pas ce que vous demandez. Vous ne demandez pas la fermeture des entreprises.  Non ! Vous demandez juste à ne pas marcher pour un milliardaire. Pourtant, c’est ce qui va se passer si nous ne marchons pas. Ce sont des entreprises qui vont fermer.
Si Cevital se bat pour ouvrir son unité de trituration c’est que sans cette unité, la raffinerie d’huile et la margarinerie vont finir par mettre les clefs sous le paillasson. Si on interdit à Cevital d’avoir son unité de trituration des graines oléagineuse, c’est justement pour permettre à un autre d’avoir la sienne et finir par devenir l’unique fournisseur en huile brute laquelle sera interdite d’importation puisqu’elle est produite localement.
Je vous laisse deviner la qualité de l’huile brute qui sera, délibérément, fourgué à Cevital. Une huile impossible à raffiner ou dont le raffinage d’un litre d’huile coûterait plus cher que son prix de vente.
Non ! Ce n’est pas pour le milliardaire que nous avons marché. Ce n’est même pas pour nos postes que nous avons marché. Ce n’est surement pas pour dire oui à l’un et nous opposer à l’autre. Nous avons marché pour que chaque investisseur ait le droit d’investir. Nous avons marché pour dire qu’il n y a pas une chose plus urgente à libérer que l’investissement. Nous avons marché parce que nous avons pris connaissance qu’en dehors de ceux de Cevital, des centaines de projets appartenant à d’autres investisseurs sont aussi injustement bloqués.
Nous avons marché parce que nous somme conscients que c’est de la diversité des projets et des investisseurs que viendrait le développement économique et parce que l’économie est le seul salut du politique.
Par Samir Birem 

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