Des personnes menottées par les éléments de la gendarmerie nationale, traînées devant les caméras et encerclées par des dizains de gendarmes avant de pénétrer à l’intérieur des tribunaux d’Abane Ramdane et de Bir Mourad Raïs, ces images ont fait le tour de l’Algérie en raison de leur diffusion massive par la chaîne de télévision privée Ennahar TV en date du 25 octobre 2018. 
Ces images ont montré le comédien Kamel Bouakaz, l’ancien joueur de l’équipe nationale, Fodil Dob, les journalistes Abdou Semmar, Merouane Boudiab et Adlène Mellah, dans des postures humiliantes, culpabilisantes vis-à-vis de l’opinion publique alors qu’ils n’ont même pas été encore jugées par la justice algérienne.
De simples suspects et prévenus, Ennahar TV a transformé ces personnalités par la grâce d’une virulente campagne médiatique en des « condamnés » coupables de chantage et d’extorsion de fonds. Pour la première fois dans l’histoire de l’Algérie, les caméras d’une télévision violent honteusement le principe de la présomption d’innocence et surtout l’indépendance de la justice consacré par par l’article 156 de la Constitution algérienne. C’est du jamais vu dans l’histoire de l’Algérie. Des caméras de télévision qui filment en direct la présentation de citoyens suspects tout en les accablant de tous les maux de la terre.
Ennahar TV a poursuivi son travail ignoble, foulent au pied toutes les règles déontologiques régissant la profession du journalisme, en diffusant en boucle durant plusieurs jours de la fin du mois d’octobre jusqu’au début du mois de novembre des informations mensongères et calomnieuses sur ces personnalités publiques. Le rappeur et animateur de télévision Mister Ab, Abdou Semmar, Merouane Boudiab, Kamel Bouakaz, Fodil Dob et Adlène Mellah ont été dépeints par Ennahar TV comme des criminels dangereux composant un réseau mafieux. Et pourtant, toutes ces allégations sont fausses puisque toutes ces personnalités ont été libérées par la justice car les délits pour lesquels ils ont été poursuivis sont mineurs et ne justifient nullement leur incarcération et n’ont jamais commis le moindre acte criminel. Jusqu’à aujourd’hui, ils n’ont fait l’objet d’aucune condamnation de la part de la justice.
Partant de ce principe, Ennahar TV est coupable d’avoir piétiné l’article 46 de la Constitution Algérienne d’après lequel « la vie privée et l’honneur du citoyen sont inviolables et protégés par la loi. Le secret de la correspondance et de la communication privées, sous toutes leurs formes, est garanti.  Aucune atteinte à ces droits n’est tolérée sans une réquisition motivée de l’autorité judiciaire. La loi punit toute violation de cette disposition.  La protection des personnes physiques dans le traitement des données à caractère personnel est un droit fondamental garanti par la loi qui en punit la violation ». 
Ennahar TV est coupable également d’atteintes portées à l’honneur, à la considération et à la vie privée des personnes comme l’explique clairement l’article 296 du code pénal algérien. Cet article indique que « toute allégation ou imputation d’un fait qui porte atteinte à l’honneur ou à la considération des personnes ou du corps auquel le fait est imputé, est une diffamation. La publication directe ou par voie de reproduction de cette allégation ou de cette imputation est punissable, même si elle est faite sous forme dubitative ou si elle vise une personne ou un corps non expressément nommés, mais dont l’identification est rendue possible par les termes des discours, cris, menaces, écrits ou imprimés, placards ou affiches incriminés ».
Ennahar TV a violé aussi l’ Article  303 bis du code pénal qui punit « d’un emprisonnement de six (6) mois à trois (3) ans et d’une amende de cinquante mille (50.000) DA à trois cent mille (300.000) DA, quiconque, au moyen d’un procédé quelconque, porte volontairement atteinte à l’intimité de la vie privée d’autrui en captant, enregistrant ou transmettant sans l’autorisation ou le consentement de leur auteur, des communications, des paroles prononcées à titre privé ou confidentiel ».
Les personnalités « lynchées » publiquement et médiatiquement par Ennahar TV ont subi un préjudice considérable qui a porté atteinte à l’intégrité physique et l’honneur de leurs familles. En conséquence, Abdou Semmar, Merouane Boudiab, Mister AB, Kamel Bouakaz et Fodil Dob ainsi qu’Adlène Mellah annoncent dans ce communiqué qu’ils ont décidé de se constituer autour  d’un collectif pour entamer des poursuites judiciaires à l’encontre d’Ennahar TV et son patron Anis Rahmani ainsi que tous ceux  et celles qui ont participé de loin ou de près à cette scandaleuse campagne de dénigrement. Le ministère public en tant que représentant de la société chargé de veiller sur le respect des lois en vigueur dans notre pays est prié de prendre en charge ces plaintes et de procéder aux démarches nécessaires pour traduire les responsables d’Ennahar TV devant les juridictions compétentes. Ces journalistes et artistes se réservent le droit de réclamer des réparations morales et matérielles pour tout le tort qui leur a été abusivement causé.
Les signataires : 
Abdou Semmar
Kamel Bouakaz 
Mister AB
Merouane Boudiab
Fodil Dob 

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