Selon le rapport du CNUCED de l’année 2004 : « Le processus de transition d’un
système économique centralisé à une économie de marché a imposé au pouvoir public algérien, dès le début des années 90, une politique de réformes structurelles qui a rendu possible le rétablissement des équilibres macroéconomiques et la libéralisation de l’économie. Ces réformes ont permis d’améliorer certaines performances en termes de croissance du produit intérieur brut et le développement d’un secteur privé plus dynamique, entraînant par conséquent un plus grand flux entrant d’investissements directs étrangers ».
Cependant, les résultats sont faibles par rapport aux possibilités d’investissement du pays.
Malgré que l’Algérie ait accompli de bonnes performances dans quelques secteurs, à
l’instar des hydrocarbures, les télécommunications, et la chimie, les réformes exécutées au
cours des années quatre-vingt-dix ont été insuffisantes pour aider le pays à bénéficier, de
manière significative, des externalités positives de l’IDE (transfert de technologie et de
savoir-faire, accès aux marchés internationaux et création d’emplois).
Cela s’ajoute à un retard dans l’application des réformes structurelles est à constater,
particulièrement concernant la privatisation des entreprises, la restructuration du secteur
bancaire et financier, l’amélioration de la bonne gouvernance d’entreprise, la réforme
fiscale et la mise en place des règlements sur la concurrence. Or toutes ces réformes sont
essentielles pour faire progresser le cadre national de l’investissement.
En outre, l’Algérie souffre d’un manque de communication à l’étranger. Ce déficit est
caractérisé par une insuffisance de visibilité des politiques nationales d’investissement, lié
particulièrement à l’absence d’informations qualitatives sur les flux et tendances des IDE
par pays d’origine et par secteur; une lourdeur dans les formalités administratives ; une
insuffisance dans la coordination entre les différents acteurs de l’investissement ; une
économie informelle croissante et, enfin, à des difficultés d’accès au foncier industriel.
Ces entraves risquent d’empêcher la persistance des IDE en Algérie et, par conséquent, de
freiner le processus de modernisation et de développement du pays entamé depuis le début des années quatre-vingt-dix.
Flux entrants et sortants d’investissement direct étranger (IDE)
Les statistiques sur les flux entrants des IDE en Algérie montrent une chute à partir de 2009. Cela s’explique par deux événements :
– Les mesures incluent dans les lois de finances complémentaires de 2009 et 2010 qui ont
affecté profondément le poids des IDE entrants.
Cela s’est accru avec la crise économique et financière qui frappe le monde depuis 2008,
et la récession mondiale qui s’en est suivie. Ces deux événements ont contribué à cette
situation. Généralement, l’économie algérienne n’accueille que peu d’IDE. Entre 1980 et 2010, leur taux n’a cessé de chuter pour atteindre 0.1% des IDE internationaux de 2009 à 2010. Ce taux infime s’explique par la faiblesse de l’attractivité de l’Algérie mais aussi par le volume des IDE vers les pays développés, et encore vers les pays émergents.
Potentiel en matière d’investissements directs étrangers :
En dépit des bonneperformances enregistrées récemment (2006-2009 tableau 8-19) par l’Algérie en matière des flux entrants d’IDE, il reste beaucoup à faire concernant les faiblesses et les menaces du potentiel d’investissement.
Autres indicateurs et dimensions de la compétitivité
– La productivité : En ce qui concerne la productivité, selon une étude de la Banque
Mondiale, l’économie algérienne se classe à la 85ème place sur 93 pays analysés, malgré
qu’environ 32% de son PIB soient destinés à l’investissement
– L’Indice de développement humain IDH (PNUD) : Selon l’Indice de développement humain (IDH) publié par le PNUD en 2010 (Tableau 8-19), l’Algérie occupe la 84ème place sur un ensemble de 169 pays. Le pourcentage de la population vivant en extrême pauvreté a été estimé à 0,5% en 2009 par rapport à 1,9% en 1988. Concernant la santé, l’espérance de vie à la naissance est passée de 71 ans en 2000 à plus de 75,5 ans en 2009. Dans le domaine de l’éducation, des progrès ont pareillement été réalisés avec un taux de scolarisation des enfants âgés de 6 ans d’environ 97,96% en 2009, contre 93% en
1999.
Selon l’indice de perception de la corruption publié en 2010 par Transparency
International, l’Algérie est classée au 105ème rang sur un total de 178 pays (contre 111ème position sur 180 pays en 2009), Ce classement montre que des efforts devront être renforcés pour prévenir et lutter contre ce phénomène.
Au final, force est de constater que le secteur des hydrocarbures est sans doute le pilier de l’économie algérienne. Il constitue à lui seul près de 50% du PIB. Sa contribution au PIB en 2010 a atteint près de 40%. Il représente, en plus, l’essentielle source de croissance même si le PIB hors hydrocarbures a affiché une excellente évolution au cours des dernières années.
En 2010, outre les hydrocarbures, c’est la réalisation et l’élargissement des gigantesques
investissements publics, ainsi que la consommation des ménages, qui ont tiré la croissance. Cependant, la croissance de 3.4 %, obtenue en 2010, reste faible au regard des potentialités de l’économie algérienne, et insuffisante pour résoudre le problème du chômage et faire face à la crise du logement.
En 2010, La croissance du PIB hors hydrocarbures était inférieure à celle des deux
années précédentes : 5.5 % contre 9.3 % en 2009 et 6.1 % en 2008. Les estimations des
chiffres de croissance à moyen terme sont très favorables, mais elles restent liées aux
fluctuations des cours des hydrocarbures. La croissance devrait être maintenue à court
terme par :
– la reprise de la croissance au niveau mondial ;
– les dépenses publiques considérables ;
– et enfin l’augmentation du rythme de réalisation du programme d’investissements publics dans le cadre du plan quinquennal 2010-14. Pour renforcer les résultats économiques enregistrés depuis l’année 2000, l’Algérie doit continuer à mener les réformes concernant l’amélioration de l’environnement des affaires, la promotion de l’investissement privé et la compétitivité, nécessaires pour la diversification de l’économie et la création d’emplois. 

D’après une étude réalisée par  Ali Seddi, chercheur à l’Université Ibn Khaldoun Tiaret

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