Un énième problème vient frapper le complexe sidérurgique d’El-Hadjar. Dans la matinée de ce dimanche 9 décembre, quelques dizaines de contractuels travaillant au niveau des différentes unités de production dudit complexe ont manifesté à l’intérieur de l’usine pour réclamer leur « permanisation » au sein de l’entreprise.

Ceux-ci ont rapidement été rejoints par des centaines d’autres manifestants, voulant être permanisés, après quelques mois de travail au sein du complexe, dans le cadre des dispositifs d’insertion des jeunes à l’emploi.

Nonobstant la légitimité (ou pas) des revendications, ce qui choque c’est la réaction de la direction générale de Sider El-Hadjar. Cette dernière a, certifient nos sources, « instruit la police interne d’intervenir en utilisant la force pour réprimer ce mouvement de protestation et tenter de l’étouffer dans l’œuf ». Mais la réaction démesurée n’a fait qu’amplifier la situation. La majorité écrasante des contractuels ont rejoint les rangs des grévistes bloquant ainsi, une énième fois, la production au niveau du complexe.

La gendarmerie nationale a dû intervenir pour éviter que la situation ne s’envenime. Mais cela ne semblait pas suffisant.

Face à une telle situation, la direction générale du complexe a compris qu’il fallait négocier. Mais le mouvement s’était déjà radicalisé, après les «violentes répressions». La condition sine qua non des grévistes était «la permanisation». Une option relevant du cadre de l’«impossible», selon la DG. L’échec des négociations a conduit les manifestants à faire encore plus dans l’escalade. Les grévistes ont décidé de bloquer la voie ferrée reliant le haut fourneau aux aciéries. «Ce blocage va engendrer l’arrêt du haut fourneau par excès de fonte et les aciéries par manque de fonte», affirment nos sources en assurant que c’est «la rupture du dialogue entre le syndicat et la DG» qui a mené à cette situation qui ne semble profiter à personne.

De son côté le syndicat fraîchement élu du complexe sidérurgique d’El-Hadjar a imputé, dans un communiqué de presse, dont nous détenons une copie, la responsabilité de cette situation de blocage à la direction générale du complexe.

«Le complexe est arrivé à une situation catastrophique, conduisant à une série de scandales qui ont ébranlé la forteresse de l’acier et qui font les choux gras de la presse. Cette situation a gravement nui à la réputation de Sider El-Hadjar, aussi bien au niveau national qu’international» affirme le syndicat, avant d’ajouter : «la détérioration de la qualité du produit en est la preuve».

L’Etat «a pourtant fourni tous les moyens humains et matériels possibles, tout en dépensant sans compter, malgré les difficultés financières et la crise économique, pour remettre à niveau ce complexe. Mais l’administration du complexe n’a pas été à la hauteur de la confiance de l’Etat. Cette administration a d’autres intérêts. Elle est plus occupée à accorder des promotions de façons anarchique et « permaniser » des travailleurs dans un cadre illégale, sans parler de la politique de marginalisation des cadres compétents», poursuit le communiqué du syndicat.

Bendjama Mustapha

 

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