L’affaire d’Abdou Semmar est en train de se transformer en un énorme scandale judiciaire qui révèle des violations inquiétantes des droits élémentaires des citoyens algériens. Ce lundi 10 décembre,  le procureur de la République près le tribunal de Sidi M’hamed a refusé de répondre à la requête  déposée par les avocats d’Abdou Semmar concernant l’interdiction de sortie du territoire national qui lui a été imposée de manière arbitraire et injustifiée. 

Le bureau du procureur de la République près le tribunal de Sidi M’hamed a informé ce lundi matin les avocats d’Abdou Semmar que ce dossier a été transmis par ses services au procureur général de la Cour d’Alger ! Et pourtant, les avocats d’Abdou Semmar disposent d’un document officiel prouvant que cette interdiction de sortie du territoire national (ISTN) a été émise par le tribunal de Sidi M’hamed. 

Pourquoi le procureur de la République près le tribunal de Sidi M’hamed a-t-il refusé d’assumer ses responsabilités s’agissant de cette ISTN adoptée illégalement ? Pour le moment, le mystère demeure entier et aucune juridiction ne veut fournir encore une réponse claire et convaincante aux avocats d’Abdou Semmar. Ces derniers se sont dirigés lundi vers le Procureur général de la Cour d’Alger pour lui réclamer des explications à propos de cet extraordinaire imbroglio judiciaire. Mais au bureau du Procureur général, personne n’a daigné recvoir les avocats du rédacteur en chef d’Algérie Part. Pis encore, le dossier d’Abdou Semmar n’a même pas été retrouvé par les services du Procureur Général. « Peut-être qu’il est d’ores et déjà sur le bureau de monsieur le Procureur », ont tenté de rassurer des greffiers à la Cour d’Alger.

Quoi qu’il en soit, cette situation rocambolesque est en train de donner naissance à un gros scandale qui ternira à jamais l’image de la justice algérienne si rien n’est fait pour corriger cet arbitraire. Abdou Semmar n’a pas été privé de sa liberté de voyager ou de se déplacer lors de sa remise en liberté. Aucun jugement ou prononcé ou une décision judiciaire n’ordonne de le soumettre à une ISTN le privant ainsi d’un droit fondamental garanti par la Constitution algérienne.

Demain mardi, les avocats d’Abdou Semmar déposeront une nouvelle requête pour saisir encore une fois officiellement le Procureur Général de la Cour d’Alger et lui demander de lever cette ISTN illégale. La justice algérienne engage dans cette affaire sa crédibilité et son honneur. Nul n’a le droit d’écraser la liberté d’un citoyen algérien en instrumentalisant politiquement le droit ou les lois. Ce dérapage inédit porte un énorme préjudice aux libertés publiques de tous les Algériens.

 

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