Les dix-neuf religieux et religieuses chrétiens, dont sept moines trappistes de Tibéhirine, déclarés « martyrs » par le pape François et qui seront béatifiés samedi à Oran, dans le Nord-Ouest algérien, ont été tués durant la guerre civile des années 1990 en Algérie.

– Quatre Pères blancs –

Le 27 décembre 1994, quatre religieux de la communauté des Pères blancs sont assassinés dans leur presbytère à Tizi-Ouzou (Kabylie).

Les quatre missionnaires –Jean Chevillard (Français, 69 ans), Alain Dieulangard (Français, 75 ans), Charles Deckers (Belge, 70 ans) et Christian Chessel (Français, 36 ans)– appartenaient à la Société des missionnaires d’Afrique (SMA), fondée à Alger en 1868.

Deux jours plus tard, le Groupe islamique armé (GIA) revendique l’assassinat perpétré « en représailles à la mort de quatre membres » du GIA en France, et affirme que « ses forces poursuivent l’extermination des chrétiens croisés ».

Les quatre membres du GIA avaient été abattus le 26 décembre par les gendarmes français sur l’aéroport de Marseille, lors de l’assaut donné à un Airbus d’Air France qu’ils avaient détourné à Alger deux jours plus tôt.

Les meurtres suscitent l’émotion en Algérie, où l’aide apportée par ces religieux à la population est largement appréciée.

– Les sept moines de Tibéhirine – 

Dans la nuit du 26 au 27 mars 1996, sept moines français de l’ordre cistercien de la Stricte Observance sont enlevés dans leur monastère de Notre-Dame de l’Atlas à Tibéhirine, sur les hauteurs de Médéa, à 80 km au sud-ouest d’Alger.

Ils partageaient leur potager avec les habitants de la région et refusaient de partir en dépit de l’insécurité croissante.

Il s’agit des frères trappistes Christian de Chergé (59 ans), Luc Dochier (82 ans), Paul Favre-Miville (56 ans), Christophe Lebreton (45 ans), Michel Fleury (51 ans), Célestin Ringeard (62 ans) et Bruno Lemarchand (66 ans).

Le 23 mai, le GIA annonce « avoir tranché la gorge » des otages deux jours auparavant, expliquant ce massacre par le refus du gouvernement français de négocier. Les têtes des moines sont retrouvées par l’armée algérienne le 30 mai sur une route près de Médéa, mais pas les corps.

La thèse officielle algérienne d’un crime islamiste va être remise en cause par des témoignages mettant au jour d’autres versions: bavure de l’armée algérienne ou manipulation des services militaires algériens pour discréditer les islamistes.

– L’évêque d’Oran –

Le 1er août 1996, Mgr Pierre Claverie, frère dominicain et évêque d’Oran, dans l’Ouest algérien, est tué, en même temps que son chauffeur algérien, par l’explosion d’une bombe actionnée à distance, après avoir pénétré dans la cour de l’évêché. Il revenait d’Alger, où il avait rencontré le ministre français des Affaires étrangères Hervé de Charette.

Mgr Claverie, 58 ans, avait la double nationalité française et algérienne. Il était un fervent défenseur du rapprochement islamo-chrétien et algéro-français, opposé à l’intolérance.

Se sachant menacé dans l’Algérie déchirée par les violences, il avait décidé d’y rester, estimant que « l’Eglise catholique ne reste pas pour elle-même, mais pour témoigner d’une solidarité, comme on reste au chevet d’un ami malade ».

« Même si nous voulions partir, nous ne le pourrions plus. Nos sangs sont mêlés », disait-il.

– Tués dans les quartiers populaires d’Alger –

Le 8 mai 1994, le frère mariste Henri Vergès (Français, 63 ans) et soeur Paul-Hélène Saint-Raymond (Française, 67 ans), qui animaient une bibliothèque de l’archevêché à la Casbah d’Alger, sont les premiers des 19 religieux assassinés en Algérie lors de la décennie noire. Ils sont tués par deux hommes armés de pistolets. Le GIA revendique.

Le 23 octobre 1994, les soeurs espagnoles Esther Paniagua Alonso (45 ans) et Caridad Alvarez Martín (61 ans), membres de l’ordre des Augustines, sont tuées par balles alors qu’elles allaient prier dans une chapelle du quartier populaire de Bab el-Oued à Alger.

Le 3 septembre 1995, soeur Angèle-Marie (Jeanne Littlejohn, Maltaise, 61 ans) et soeur Bibiane (Denise Leclerc, Française, 65 ans) sont tuées par balles en revenant de la prière dans le quartier populaire de Belcourt à Alger.

Le 10 novembre 1995, Odette Prévost (Française, 63 ans), petite soeur du Sacré-Coeur, est tuée dans un attentat dans le quartier de Kouba à Alger.

 

Source : AFP 

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