L’Algérie n’a rien gagné avec la visite controversée du  Prince héritier saoudien, l’Emir Mohammed Ben Salmane (MBS). Pendant ces deux jours à Alger, le prince saoudien n’a rien apporté d’utile à l’Algérie sur le plan économique. Et pourtant, lors de son passage à Tunis, le 27 novembre dernier, MBS a mis à disposition de la Tunisie 2 milliards de dollars, sous forme de dépôt auprès de la Banque Centrale de Tunisie (BCT), et s’est engagé à fournir jusqu’à 400 millions de dollars de pétrole à un taux préférentiel. 

A Alger, MBS n’a signé aucun chèque et s’est contenté uniquement de formuler des promesses sans lendemain. En marge de la visite du prince saoudien à Alger, à peine cinq projets de partenariat conclus entre l’Algérie et l’Arabie Saoudite ont été inaugurés, en prévision de leur entrée en service début 2019.  Parmi ces projets, on peut noter l’usine de fabrication du papier hygiénique par la société saoudienne « Paper mill », d’une capacité de production de 30.000 tonnes pour un coût de 20 millions USD et un autre dans le secteur de l’agroalimentaire relatif à la production du jus dans la wilaya de Blida par « Aujan Groupe Holding (AGH) ».

Il s’agit clairement de petits montants ridicules qui ne peuvent nullement contribuer à l’augmentation des recettes fiscales de l’Etat algérien. D’autres projets ont été annoncés. Mais, pour l’heure, il ne s’agit que de vagues promesses ou de concepts au stade de maquette à l’image des projets concernent la chimie minérale, le traitement des minéraux et l’industrie des produits chlorés, de l’hydroxyde de sodium ou la soude caustique et la soude destinée à la purification de l’eau par la société saoudienne « Adwan Chemicals ».

L’investissement le plus prometteur demeure, peut-être, celui d’un complexe d’industrie pharmaceutique confié à la société saoudienne « Tabuk Pharmaceuticals » avec une capacité de production de 10 millions d’unités. Mais là aussi, rien ne concret n’a encore vu le jour dans ce dossier.

Le constat est donc sans appel : la visite de MBS à Alger n’a produit aucun impact économique. Et pourtant, l’Algérie a grandement besoin d’investissements et de soutien financier pour diversifier son économie et surmonter l’actuelle crise financière. Les dirigeants algériens échouent une nouvelle fois à capter des fonds étrangers. A quoi ça sert donc de réserver des accueil triomphal et éclatant aux dignitaires étrangers si notre pays n’en profite pas pour attirer de nouveaux investissements ?

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