Suite à la grève des étudiants de l’université de Béjaïa et pour prévenir tout dérapage dont la seule responsabilité incomber à un rectorat incapable d’amorcer un quelconque dialogue avec les 03 franges de la communauté universitaire et ce depuis son installation en 2013 et pour preuve la gestion chaotique des grèves de 2014, 2015,2016 et 2017 puis celle de cette année, le bureau de la section de Béjaïa du CNES déclare ce qui suit:

 

L’an deux mille et dix-huit, le deux du mois de Décembre, à 16h00, s’est tenue une réunion du bureau de la section CNES de l’université de Bejaia avec pour ordre du jour :

1- Examen de la situation que vit l’université :

Le bureau a commencé la réunion en faisant une lecture de la tournure qu’a pris le mouvement de grève des étudiants qui dure depuis plus de trois semaines et a pris note des revendications des étudiants qui dans leur globalité expriment le malaise profond que vit notre université au niveau local et l’enseignement supérieur au niveau national.

Le ministère n’a pas le courage d’assumer l’échec du système LMD qui engendre des centaines de millier de chômeurs et la gestion chaotique des conflits à répétition d’une administration despotique qui se refuse à tout dialogue et concertation en dehors du conseil de direction. Le malaise que vit la communauté universitaire de Béjaïa depuis quelques années incombe à la seule responsabilité de ceux qui sont désignés pour gérer l’université. Le CNES se bat depuis toujours pour une démocratisation de la désignation des responsables administratifs afin de garantir un minimum de transparence, d’équité et de compétence.

Il est indéniable que le recteur pousse au pourrissement en refusant d’inviter les étudiants qui se sont fédérés en Collectif Libre des Etudiants en regroupant des dizaines d’associations estudiantines reconnues et agréées par les services de l’Etat.

Le dialogue est une qualité que le recteur n’a jamais compté sienne. Est-t-il nécessaire de rappeler qu’il fait la sourde oreille au CNES depuis l’installation du nouveau bureau et qu’il n’a jamais daigné répondre aux  doléances des enseignants dès que celles-ci touchent à sa responsabilité ou celle de son staff. Et que dire du calvaire des travailleurs à qui il refuse le droit de s’organiser en syndicat ?

Le bureau du CNES dénonce vigoureusement l’appel à la FITNA orchestré par un comité fantôme d’enseignants présidé par un personnage qui passe son temps dans les couloirs du rectorat. L’appel à une assemblée générale des enseignants pour Lundi à 10h00 à Aboudaou rappelle  le triste scénario de la grève des 03 mois de 2014. Qui ne se rappelle pas de ces scènes de pugilat au portail de Targa Ouzemour suite justement à une assemblée des enseignants qui n’a regroupé que des administrateurs ?  La grève a commencé par 3800 exclus et elle se termina 03 mois après par la réintégration de tous et une FITNA.

Le bureau du CNES exhorte le recteur et son administration à assumer pleinement leurs responsabilités. Les étudiants demandent leurs droits et ils doivent, avant tout, être écoutés. Ceux-ci posent de vraies questions auxquelles ni le recteur ni encore la tutelle ne semblent comprendre ou ne peuvent décemment répondre.

En effet, à titre d’exemple, est-ce que le système d’enseignement supérieur algérien est orienté vers la qualité ou vers la quantité ? Si c’est vers la qualité, les classements internationaux des universités algériennes seraient mieux connus que ceux de Harvard ou du MIT. S’il est orienté quantité pourquoi limiter l’accès aux Masters, pourquoi limiter drastiquement les recrutements de nouveaux enseignants qui pourtant sortent par dizaines en doctorat LMD et vivotent sans aucun statut de post-doc ou autre qui les protégerait de la précarité ? Si le système est orienté quantité pourquoi tant de limites dans l’encadrement et dans les structures d’hébergement des étudiants ?

Si l’Etat et l’économie du pays ne peut assumer une politique orientée quantité, ni l’emploi de tant de jeunes, pourquoi s’entête-t-on à faire de l’université un parking gardé pour la jeunesse algérienne en attendant mieux ? Est-ce le rôle dévolu à l’université que de suppléer aux défaillances des pouvoirs publics dans la mise en place d’une véritable économie et de véritables industries dans les hautes technologies et les services sans lesquels la formation et les volumes actuels d’étudiants sont des sacrifices inutiles ?

Les enseignants affiliés aux CNES, conscients de la problématique très grave de l’université algérienne appellent les pouvoirs publics à arrêter le bricolage et à permettre à l’espace universitaire de désigner ses objectifs quantitatifs et qualitatifs de façon autonome sous le seul contrôle d’organes démocratiques dûment élus.

Il appelle les enseignants à refuser l’embrigadement dans des fausses batailles sur les postes et les carrières de quelques responsable éphémère que ce soit et à se regrouper au sein de leur syndicat pour constituer le rapport de force nécessaire à l’amorce d’un changement véritable loin de  l’esprit voyou ou opportuniste, démagogique ou nihiliste.

Par Le Conseil National des Enseignants du Supérieur (CNES

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