A Paris, un Collectif de soutien aux journalistes et artistes algériens (CSJA) a été mis en place ces derniers jours pour lutter contre les violations de la liberté d’expression en Algérie. Et ce collectif a interpellé officiellement ce samedi l’ambassadeur d’Algérie en poste à Paris,  Abdelkader Mesdoua, à travers une déclaration officielle dans laquelle ils dénoncent vigoureusement l’emprisonnement récent de plusieurs journalistes, activistes et artistes algériens. 

« De la convocation abstraite aux auditions répétitives, des perquisitions à l’emprisonnement, de l’intimidation au lynchage, en Algérie, la liberté d’expression et d’information, qui font partie des fondamentaux des libertés publiques, individuelles et collectives, ont été et sont  brimées et bafouées », lit-on dans cette déclaration remise par les représentants du CSJA à l’ambassade d’Algérie.

« Des journalistes, des blogueurs, des artistes, et autant de citoyens sont privés de leurs libertés. D’autres, sont quotidiennement menacés. Et certains, pour la plupart de très jeunes citoyens, croupissent dans des prisons pour un simple commentaire sur les réseaux sociaux ! A la veille d’une élection présidentielle jugée cruciale par les observateurs nationaux et internationaux, le constat aujourd’hui est plus que préoccupant », souligne encore cette déclaration.

 

« Ce qu’ont subis et continuent de subir les Abdou Semmar, Merouane Boudiab, Kamel Bouakaz, Fodil Dob, Adlène Mellah, Réda Hmimed, Réda Rouabeh, Houari Boukhors, Said Chitour, Merzouk Touati, et par le passé Mohamed Tamalt, est l’illustration de l’infâme injustice de l’appareil judiciaire algérien, qui est devenu un broyeur des libertés fondamentales, et dont peut être victime n’importe quel citoyen, quel que soit son profil social, idéologique ou professionnel », constate enfin le CSJA composé de plusieurs journalistes, militants démocrates et membres actifs de la communauté algérienne en France.

« De par cette déclaration, nous manifestons notre soutien à l’ensemble des citoyens algériens injustement emprisonnés et opprimés. De telles pratiques d’injustice ne peuvent rester sous silence. Nous nous réservons le droit de saisir les instances internationales. L’Etat Algérien est pour rappel signataire des multiples traités dédiés à la préservation et à la défense des droits humains. On peut citer la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (Journal Officiel  N°64 du 10.09.1963), le Pacte International relatif aux Droits Civils et Politiques (Journal Officiel N°20 du 17.05.1989) et la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des peuples  (Journal Officiel N°06 du 04.02.1987) », conclut enfin le CSJA dans sa déclaration remise au représentant de l’Etat algérien à Paris.

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