Le drame des jeunes Harragas déchirent en ce moment la société algérienne. Le sort des personnes disparues en pleine mer provoquent un deuil national. Et ce phénomène très complexe est en train d’alimenter une véritable grogne sociale notamment au niveau des plus grands quartiers populaires de la capitale Alger. Mais qu’est-ce qui pousse réellement les jeunes algériens à risquer leur vie en pleine Méditerranée ?

Une enquête menée par un universitaire algérien nous apporte des réponses. Il s’agit d’une enquête universitaire dirigée par Noureddine Khaled, chercheur à l’université d’Alger 2 au niveau du département de Psychologie.

« À la lumière des analyses que nous avons effectuées jusque-là, nous pouvons affirmer que la conjonction de la misère économique et du mal être social est la principale cause de l’émigration illégale. Les tendances statistiques renforcent cette affirmation », nous explique ainsi ce chercher dans son travail de terrain d’après lequel les six principales causes de
l’émigration illégale sont : le manque de loisirs (77%), le chômage (76%), rejoindre les amis ou la famille (76%), le revenu familial insuffisant (73%), le manque de
liberté (73%), le manque de perspectives (50%).

En regroupant toutes ces causes invoquées, on retrouve trois dimensions principales :

1 – Une dimension économique qui englobe le désir de trouver un travail, d’améliorer ses conditions de vie et celles de sa famille, et de s’ouvrir des perspectives de réalisation sociale.

2 – Une dimension psychosociale reflétée par le besoin d’améliorer la qualité de sa vie en revendiquant plus de loisirs et plus de liberté.

3 – Une dimension sociale qui s’exprime à travers le besoin de se regrouper avec des gens qu’on aime et qui ont réussi : rejoindre ses amis ou des membres de sa famille.

Le chercheur Noureddine Khaled a fait remarquer en dernier lieu que les Harragas sont également la résultante de « la détérioration de la qualité de la vie et la généralisation de la corruption qui causent une perte de confiance de l’ensemble de la population vis-à-vis du
système politique et une perte d’espoir ».

 

 

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