Les Familles et proches des Harragas, un nouveau mouvement social en Algérie ?

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C’est un nouveau mouvement de protestation qui commence à prendre forme en Algérie. Les familles et parents des harragas se rassemblent, manifestant dans les rues, accrochent des banderoles et crient leur colère. Les services de sécurité affichent leur inquiétude. Quant aux autorités algériennes, elles semblent dépassées par les événements.

Preuve en est, jeudi après-midi, une marche spontanée a été enclenchée au niveau du principal boulevard d’Alger-centre. Plusieurs dizaines de jeunes ont marché tout au long de la rue Didouche Mourad pour protester contre l’indifférence du gouvernement face au sort de leurs proches, amis ou voisins disparus en pleine mer ces jours en tenant une dangereuse et hasardeuse traversée de la Méditerranée dans l’espoir de rejoindre les côtes européennes.

 

Depuis que des familles ont laissé éclater leur colère à Raïs Hamidou (La Pointe), l’un des quartiers populaires les plus touchés par le phénomène des départs massifs des jeunes harragas à Alger,  la question de la harga alimente un véritable mouvement de colère sociale. Les familles des harragas disparus ou morts rompent le silence et s’en prennent sévèrement aux autorités en raison de leur passivité ou incapacité à résoudre les problèmes sociaux dont souffrent les jeunes algériens.

 

Cette colère risque de monter crescendo dans les jours à venir car les tentatives de traversées se font de plus en plus nombreuses en dépit des dangers de l’hiver. Le 24 novembre dernier,  les unités du groupement territorial des garde-côtes d’Oran ont mis en échec, au large des côtes oranaises, une tentative d’émigration clandestine de dix-neuf « harragas », dans deux opérations distinctes. Une semaine auparavant, 18 candidats à l’émigration clandestine, parmi lesquels se trouvaient une mère et quatre enfants, ont tenté leur aventure, à bord d’une embarcation pneumatique. Ils avaient pris le départ, la nuit, à partir d’une des côtes de la corniche oranaise avec pour objectif d’atteindre les rives espagnoles.

Un nombre important d’embarcations a été enregistrée à Mostaganem, Ain Témouchent ou Annaba, à l’est du pays. Force est de constater enfin que depuis le début de la rentrée sociale de cette année 2018, le nombre des Harragas augmente dangereusement. C’est la parfaite démonstration d’une véritable crise sociale aggravée par des incertitudes politiques à la veille d’une délicate élection présidentielle en 2019. Cette angoisse collective peut aisément alimenter une explosion sociale. Les autorités algériennes doivent trouver en urgence des solutions.

 

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