« Des coeurs consumés, déchirés par la harga, jusqu’à quand ? », « Pourquoi vous dites que mon fils est mort alors que je ne l’ai pas vu ? », « Il est parti au-delà la mer pour chercher de quoi vivre », ces slogans écrits en noir et blanc sur des banderoles meublent depuis quelques jours les ruelles du quartier Meissonier, actuellement rue Ferhat Boussaad. 

Des banderoles qui racontent dans les rues la tragédie des Harragas algériens et les souffrances infligés à leurs familles. Le scénariste et réalisateur, Abdelghani Raoui,  a photographié la nuit dernière ces banderoles lorsqu’il se baladait dans son quartier. Il s’agit, selon cette source, de l’histoire de 4 jeunes Harragas originaires de Meissonnier (Alger-centre) qui ont disparu en pleine mer. Ces derniers jours, à Alger, la harga défraie la chronique car des départs massifs de plusieurs dizaines, voire centaines, de jeunes originaires des quartiers populaires de la capitale ont été enregistrés.

La semaine dernière, la nouvelle d’une dizaine de jeunes de la commune de Raïs-Hamidou à l’ouest d’Alger, disparus sur les côtes italiennes, a remué toute la localité. Et les habitants en parlent encore. Des rassemblements et des manifestations de colère ont été tenus par les familles de ces Harragas partis sur des embarcations de fortune pour rejoindre l’Europe, l’Eldorado dont ils rêvaient au quotidien. Le bilan fut lourd : au moins 10 jeunes personnes sont mortes dans des circonstances dramatiques.

Sur Internet et les réseaux sociaux, Ayoub, un jeune Harraga originaire de Raïs Hamidou, l’un des survivants de la malheureuse traversée  jusqu’en Sardaigne en Italie, a livré un témoignage poignant. Un récit qui a soulevé une énorme émotion à Alger. La tragédie des Harragas est plus jamais d’actualité dans notre pays.

 

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