Depuis 24 heures, le ton a changé. L’ambiance est en train de s’alourdir. Et pour cause, la Présidence de la République vient de sonner la fin de la récréation. Trop, c’est trop. C’est le message qui semble clairement se dégager du discours adressé hier mercredi par le Président de la République, Abdelaziz Bouteflika,  aux participants à la réunion Gouvernement-walis, dont les travaux ont débuté mercredi matin à Alger. 

Lu en son nom par le Secrétaire général de la présidence de la République, Habba Okbi, le chef de l’Etat a estimé « normal que la stabilité de notre pays soit ciblée par des cercles de prédateurs et de cellules dormantes qui s’acharnent à attenter à sa crédibilité et à la volonté de ses enfants ». La charge est très lourde. Et tout le discours est une succession inédite de rappels à l’ordre, de mises en garde et d’avertissements.

« Les manoeuvres politiciennes que nous observons à l’approche de chaque échéance cruciale pour le peuple algérien est la preuve tangible de ces intentions inavouées, qui s’éclipsent dès que notre valeureux peuple leur tourne le dos », affirme-t-on clairement dans ce discours. « Les aventuristes qui font dans la promotion de la culture de l’oubli, du déni et de la négation ne seront jamais des forces de construction et d’édification », est-il également indiqué en ajoutant que « bien au contraire, ils dissimulent les faucilles du massacre, qu’ils n’hésiteront pas à utiliser pour faire basculer le pays dans l’inconnu ».

Que faut-il réellement comprendre de ce discours unique en son genre ? D’abord, la Présidence de la République veut en finir une fois pour toute avec cette guerre psychologique que l’on appelle communément dans les médias : »la guerre des clans ». La décision politique revient, d’abord et avant-tout, à la Présidence de la République. Cette institution est la seule instance dépositaire légitime du pouvoir en Algérie. Les autres « manœuvres » alimentées par des « rumeurs » ne disposent d’aucune légitimité et ne reflètent nullement la volonté de l’Etat.

Ce discours traduit également la colère de la Présidence contre les attaques incessantes lancées par plusieurs officines médiatiques en direction de certaines institutions stratégiques du pays, à l’image des services de renseignement dont l’image et l’intégrité morale ont été brutalement malmenées récemment par les dérives médiatiques de certains organes de presse et une chaîne de télévision privée très sulfureuse obéissant à un sombre agenda politique.  « Toute atteinte à la stabilité des institutions de l’État est une atteinte à la Constitution et à l’un des piliers de ce pays inexpugnable », explique sans ambages le discours présidentiel. Le rappel à l’ordre est sans équivalent.

Enfin, le sort des prochaines élections présidentielles prévues en 2019 constitue le dernier axe de ce discours inédit qui marque un tournant majeur dans l’évolution de la situation politique de notre pays. La présidence parle ouvertement de « l’avenir au changement et à la succession des responsables et des personnes ». A ces voix qui appellent à la succession, le président Bouteflika rétorque « la nécessité de la protection des réalisations accomplies par le peuple ces deux dernières décennies et de leur préservation et valorisation à son profit ».

S’agit-il, pour autant, d’une intention clairement formulée « de briguer un cinquième mandat » ? C’est fort probable. Mais il apparaît en filigrane de ce discours que la Présidence de la République refuse catégoriquement de se plier aux pressions exercées à son encontre en prévision des présidentielles de 2019. Il n’est pas question de laisser des cercles occultes soumettre l’Etat algérien à la paralysie en prétextant l’incertitude d’une élection présidentielle. « Face à ces attitudes inacceptables, il incombe à chacun d’assumer sa responsabilité et de s’engager pleinement dans les options politique et économique nationales ou d’en sortir définitivement. L’ère des demi-mesures est révolue », a prévenu en dernier lieu le discours présidentiel. Le message est on ne peut plus clair : la candidature ou la non-candidature du Président Bouteflika ne concerne en aucun cas les autres hauts responsables du pays. Ces derniers doivent s’occuper seulement et uniquement de leur travail pour répondre aux besoins des Algériens. Tout le reste ne relève pas de leurs missions.

 

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