Le tribunal de Ziadia à Constantine a rendu ce mardi matin son verdict dans l’affaire du journaliste Abdelkrim Zéghilèche en répondant favorablement aux demandes de la défense pour la qualification des faits. Le directeur de la web-radio Sarbacane a été acquitté pour les deux chefs d’inculpation d’insulte contre un cadre de l’Etat dans l’exercice de ses fonctions et atteinte à la vie privée. Il a cependant été reconnu coupable de diffamation, et a écopé de deux mois de prison avec sursis et 50.000 dinars d’amende.

Abdelkrim Zéghilèche restera, malgré cela, en prison pour une deuxième affaire en cours d’instruction. Il est accusé d’offense au chef de l’Etat. Un délit passible d’une amende seulement, ce qui ne permet en aucun cas sa mise en détention préventive. Mais le parquet de Constantine aurait amplifié l’affaire en y ajoutant, comme cela fut lors de sa première affaire ainsi que lors des procès de Abdou Semmar, Marouane Boudiab et Adlène Mellah, plusieurs autres chefs d’inculpation, sans fondement d’après les juristes consultés, afin de pouvoir garder le prévenu en détention. Atteinte à la vie privée et pratique illicite du web-journalisme font aussi partie du lot de chefs d’inculpation retenus à son encontre.

La défense d’Abdelkrim Zéghilèche composée d’une quinzaine d’avocats spécialistes de la défense des droits de l’Homme, avait dénoncé lors de son premier procès, une affaire sur fond de conflit politique. En plus d’être journaliste, Abdelkrim Zeghilèche est le coordinateur du mouvement Mouwatana à Constantine. Ceci expliquerait, selon ses avocats, l’acharnement dont fait preuve le ministère public à son encontre. La défense a, par ailleurs, dénoncé une «véritable manipulation de la Justice dans des affaires politiques sous couvert d’une affaire judiciaire».

La date de son prochain procès n’a, pour le moment, pas encore été fixée.

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