La Chine renforce son pouvoir d’influence en Algérie grâce à un nouveau méga-projet qui lui ouvre des marchés stratégiques. Il s’agit du phosphate algérien sur lequel la Chine vient de poser sa mainmise. De l’avis unanime des experts, le bon coup des chinois va ouvrir de nouvelles perspectives économiques. 

La concrétisation du projet intégré de transformation de phosphate en Algérie confère à la Chine un atout stratégique. Les groupes chinois dirigés par la Société Citic exploiteront en partenariat avec le groupe Sonatrach le gisement  de Bled El-Hadba à Tebessa, sur 2 045  hectares, la plateforme de Oued Kebrit à Souk Ahras s’étendant sur 1 484 ha, celle de Hadjar Essoud à Skikda, sur 149 ha et le port de Annaba sur 42 ha.

Mobilisant un volume d’investissement de six (6) milliards de dollars, le complexe de phosphate dont la mise en exploitation est prévue en 2022, créera 3 000 postes de travail directs alors que ses chantiers de réalisation à travers les quatre wilayas assureront 14 000 postes d’emploi. Ce complexe de phosphate garantira des revenus en devises à hauteur de 1,9 milliard  de dollars/an.

Il faut savoir que le phosphate jouit d’une importance stratégique dans l’économie moderne. C’est une matière première incontournable dans l’agriculture et le jardinage comme engrais. Les agriculteurs utilisent trois éléments nutritifs essentiels pour fertiliser leurs sols: l’azote, le potassium et le phosphore. L’azote étant disponible dans l’air respiré par les plantes, les autres nutriments eux viennent d’exploitation minière.

C’est une matière première très prisée également dans les pays développés comme le Royaume-Uni, le Canada et les USA où elle est utilisée depuis les années 1990 pour protéger les canalisations en fer.

Les domaines d’application sont vastes. Et avec ce méga-projet, la Chine met la main sur des réserves stratégiques. L’Algérie, quant à elle, pourra enfin concurrencer son voisin le Maroc, qui s’est imposé ses dernières années comme l’un des plus importants fabricants mondiaux du phosphate. Le groupe marocain OCP a ouvert ces dernières années des filiales dans quatorze pays africains, pour mieux exporter ses engrais ou, comme au Nigeria, en produire localement.  Le continent a un besoin vital d’engrais pour assurer sa sécurité alimentaire.

En 2017, le Maroc a pu engranger des recettes avoisinant les 4 milliards de dollars grâce à l’exploitation du phosphate. Cette performance s’ est expliqué par l’augmentation des exportations vers toutes les régions, en particulier vers l’Afrique, l’Europe et les Amériques, grâce à la hausse de la demande aux États-Unis, au Brésil et en Argentine. L’Algérie va donc emprunter une voie qui lui permettra de gagner de précieuses devises en ces temps de disette.

 

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