Le défaut d’inspiration est une maladie très dangereuse dans le journalisme. C’est une vérité qui vient de se confirmer à Paris où le média Mondafrique vient de pondre un article grotesque sur la situation actuelle de l’Algérie. 

Même le Gorafi, journal satirique de fausses informations, la version française d’El-Manchar, n’aurait pas fait mieux. Jugez-en par vous même : « Gaïd Salah a donc gagné Zéralda dans un gros hélico de transport de troupe, qui a décollé avec à bord deux cent hommes venus des corps d’élite de l’armée » ! Rien que ça ! Même Hollywood n’aurait pas imaginé une pareille scène dans un « James Bond » sensationnel.

Un hélicoptère qui fait débarquer 200 hommes armés sur la résidence présidentielle de Zéralda où loge le Président Abdelaziz Bouteflika. On se croirait à Mogadiscio en Somalie. Certes, cette information a suscité le buzz sur les réseaux sociaux en Algérie. Mais c’est parce qu’elle a fait pleurer de rire les internautes les plus avisés. Les Algériens sont, peut-être, naïfs. Mais ils ne sont pas idiots. Ils connaissent tout de même leur pays. Ils le connaissent suffisamment pour comprendre que la situation chaotique décrite par le scénariste de Mondafrique ne s’apparente qu’à une blague de mauvais goût. D’abord, aucun hélicoptère ne peut transporter jusqu’à 200 hommes ! Ensuite, la résidence présidentielle de Zéralda n’a jamais été le terrain d’une telle bataille surréaliste !

Algérie Part a fait son travail en contactant de nombreuses sources proches du ministère de la Défense Nationale et du Palais d’El-Mouradia. Ce travail s’appelle tout simplement du journalisme, à savoir recouper de l’information à partir de sources fiables et sérieuses sans recourir à l’imaginaire fantasmagorique du cinéma hollywoodien. Toutes nos sources assurent et certifient que la scène décrite par Mondafrique ne s’est jamais produite à la résidence présidentielle de Zéralda.

Ni « quelques échanges assez vifs » ni « des coups de feu qui auraient provoqué un embrasement général » n’ont eu lieu à la résidence présidentielle entre les « hommes de Gaïd Salah » et les « troupes de la garde républicaine » dirigée par le général de corps d’armée Ben Ali Ben Ali depuis 2015. Tout ce qui a été rapporté par des « sources occultes » à Nicolas Beau n’est qu’un pur mensonge « éhonté ». Pis encore, nous avons pu confirmer qu’aucune tension particulière ne règne à la Résidence Présidentielle de Zéralda.

Le chef d’Etat-Major de l’ANP et vice-ministre de la Défense nationale, Ahmed Gaïd Salah, n’a jamais été empêché de rencontrer le Président Abdelaziz Bouteflika. Quant au supposé « rôle maléfique » d’Ahmed Ouyahia, le premier-ministre, qui serait en train de comploter contre le chef d’Etat-Major de l’ANP, il ne s’agit-là que d’une énième élucubration parisienne. Selon nos informations, Ahmed Ouyahia, se contente uniquement d’assumer ses fonctions de Premier-ministre. Il passe le plus clair de son temps dans son bureau au Palais du Gouvernement où il traite avec ses équipes les dossiers les plus complexes du pays. Semer la zizanie, cultiver la division au plus haut sommet de l’Etat, ces pratiques malsaines n’ont jamais été son « sport favori », assurent nos sources.

Les informations distillées à Mondafrique par d’obscurs réseaux parisiens ont pour but de commercialiser à l’étranger l’image d’une Algérie qui sombre dans les conflits politiques internes. Un pays au bord de l’explosion. Un pays en péril. Des différends politiques existent, certes, entre les uns et les autres. Ce n’est pas un fait nouveau. Mais l’Algérie n’est pas au bord de « la guerre fratricide » à laquelle font référence les « sources » de Mondafrique. Dommage pour les amateurs des séries B en panne d’inspiration.

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