Nos deux enfants Abdou Semmar et Merouane Boudiab sont privés de leurs enfants et de leur foyer depuis plus d’une semaine. Enfermés dans des geôles, ne jouissant que de quelques rayons de soleil par jours, nos deux enfants subissent, au quotidien, les  souffrances de la détention à la prison d’El Harrach.

Quel est leur crime ? Quel est leur tort ? Publier des articles dans lesquels des déclarations sont rapportées en se basant sur des sources nommées et identifiées comme le dictent les règles basiques du journalisme.

Ils n’ont à aucun moment émis des jugements de valeurs ou des positions personnelles, ils n’ont produit aucun commentaire subjectif, ils ont respecté entièrement le code d’éthique de leur métier.

Monsieur le Président, chers Algériens et Algériennes, Abdou Semmar et Merouane Boudiab auraient pu être vos frères, vos enfants. Nous vous demandons de vous mettre dans la peau de leurs enfants, de leurs épouses, de leurs parents pour mesurer la souffrance que nous endurons chaque jour en voyant nos enfants croupir en prison pour avoir écrit de simples articles.

Monsieur le Président de la République, le 22 octobre nos enfants Merouane et Abdou ont lu attentivement votre lettre adressée à tous les journalistes algériens. Vous avez promis que la loi et l’Etat veilleront sur l’indépendance et la liberté des journalistes. Deux jours après, nos deux enfants sont emportés par la déferlante vague de l’arbitraire.

Monsieur le Président, nos deux enfants ont toujours servi leur pays et leurs compatriotes, notamment ceux et celles les plus fragiles, les sans voix qui ont toujours trouvé une oreille attentive auprès de Merouane et de Abdou. À la télévision, sur internet, à l’étranger, à l’intérieur de notre cher Algérie, nos deux enfants ont défendu leur cause juste et noble. Ils n’ont jamais manqué de respect à leur Président et à leur pays, ni à leur origine, ni à leur culture, ni à leur religion ! Et pourtant, ils sont incarcérés à la prison d’El Harrach. Ils nous manquent terriblement, leurs enfants les recherchent cruellement, leurs foyers sont abandonnés et leurs familles sont livrées à elles-mêmes.

Monsieur le Président, vous êtes le premier magistrat du pays et vous êtes notre dernier espoir. Nous vous demandons humblement de soulager nos souffrances et de nous rendre nos enfants. De grâce, libérez Abdou et Merouane, ils ne sont pas des criminels, ni des délinquants. Leur place n’est pas en prison et leurs lecteurs et téléspectateurs ont besoin d’eux pour comprendre les défis et les besoins de leur pays.

Les deux familles Semmar et Boudiab

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