Comme il a été révélé par Algérie Part dans une précédente investigation, le taux des lots et marchés infructueux et annulés est anormalement élevé dans le secteur de la santé. Et cette situation compromet dangereusement la santé des Algériens. Explications. 
Les résultats des attributions des marchés publics dans le secteur de la santé ont démontré qu’au niveau du CHU Annaba,  le lot numéro 2 d’un important appel d’offres national a été annulé en raison de l’absence de soumissionnaires. Les conséquences de cette annulation sont catastrophiques car ce marché porte sur des sondes de stimulation cardiaque temporaire. En déclarant ce marché infructueux,  les patients du CHU d’Annaba vont être exposés à un véritable danger de mort.
Et pour cause, une sonde de stimulation contient des fils conducteurs qui transmettent les impulsions électriques au muscle cardiaque. Elle est d’un coté connectée au boîtier de stimulation et de l’autre côté reliée au muscle cardiaque. C’est un dispositif médical incontournable pour soigner des patients qui nécessitent des soins urgents.
Au niveau du même marché, le lot numéro 3 concernant les consommables ophtalmiques dont les implants pliables pour la cataracte a été également déclaré « infructueux » pour la simple et bête raison que la direction de la pharmacie du ministère de la Santé  a bloqué les Programmes Prévisionnels (PPI) 2018 des implants Ophtalmiques pliables.
Selon nos investigations, cette importante direction du ministère de la Santé vient de libérer uniquement les PPI de 3 fournisseurs qui importent des produits Indiens et ce pour réserver le marché national à un fabricant installé à Blida, a-t-on constaté.
Or, malheureusement, ce fabricant algérien dispose d’une capacité de production nettement inférieure aux besoins annuels estimés à 120000 implants. Normalement pour bloquer, l’importation de produits fabriqués localement il faut recenser, d’abord, plusieurs fabricants pour éviter les situations monopolistiques et ensuite prouver que leurs capacités de production dépassent largement les besoins du pays pour éviter les pénuries. Malheureusement, aucune de ces précautions n’est adoptée par notre ministère de la Santé pour garantir une régulation sérieuse et efficace des attributions des marchés des fournitures des médicaments et dispositifs médicaux. L’addition de cette mauvaise gestion est très salée : la vie de nombreux patients algériens est en péril…