Après le Parlement, le siège de l’UGTA d’Annaba cadenassé !

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Les conséquences néfastes de l’acte irréfléchi des députés grévistes commencent à être visibles à Annaba et risquent de se propager facilement un peu partout à travers le territoire national.

Prenant les députés frondeurs comme exemple suprême, une quinzaine de travailleurs de Sider El-Hadjar a tenu une manifestation, dans la journée de dimanche, en face du bureau de wilaya de l’UGTA à Annaba, en utilisant des chaines de fer et un cadenas pour fermer la porte d’accès du siège de l’UGTA.

Le but étant de protester contre ce qu’ils estiment être des injustices à l’encontre de certains travailleurs ayant voulu se présenter aux courses électorales pour le renouvellement des 15 branches syndicales du complexe sidérurgique d’El-Hadjar. Les manifestants ont affirmé que plusieurs dizaines de travailleurs ont été empêchés de se porter candidats aux prochaines élections devant déterminer le nouveau syndicat du complexe qui viendra remplacer l’équipe de Ammouri «chassée» par une manifestation à laquelle avait pris part plus de 3.000 travailleurs.

Les manifestants portaient des banderoles sur lesquelles on pouvait lire «Fritah le traitre», «Dégage Fritah» et d’autres slogans hostiles au secrétaire général du bureau de wilaya du plus important syndicat du pays. Ils ont dénoncé la «complicité» du premier syndicaliste de la wilaya avec la direction d’El-Hadjar qui souhaiterait, selon eux, imposer des candidats qui lui sont «fidèles» en excluant leurs adversaires de la course. Certains travailleurs ont été mutés, quelques jours à peine avant le jour «J», prévu pour jeudi prochain. «Cela veut dire simplement qu’ils ont été mis hors course car ils sont dans l’obligation de se présenter pour représenter une unité où ils ne connaissent personne. Logiquement, personne ne votera pour ces gens-là, car ils sont inconnus au niveau de leurs nouvelles unités», nous expliqua l’un des manifestants présent sur place.

« Ammouri et le clan Baha derrière cette action ! »

Des sources affirment que les protestataires en question font partie du syndicat dissous, il y a un peu plus d’un mois, à savoir celui qui a essuyé le retrait de confiance de milliers de travailleurs. Un syndicat impopulaire aux yeux des travailleurs. Mais est-ce réellement une raison pour empêcher ses membres de se présenter aux élections ? La démocratie et la règlementation en vigueur ne donnent-elles pas le droit à ces travailleurs de se présenter comme tous leurs collègues ? Ou bien s’agit-il d’exclusion sur la base d’autres critères plus légitimes ? Le premier syndicaliste de la wilaya d’Annaba était, malheureusement, injoignable.

Outre les revendications des travailleurs qui peuvent sembler légitimes, c’est la méthode choisie par les protestataires qui ne fait pas l’unanimité. Dans la rue, comme sur les réseaux sociaux, les Bônois et les internautes contestent cette façon de faire, qui prend exemple, selon eux, sur les «méthodes peu orthodoxes» utilisées par les députés «putschistes». Un grand nombre d’internautes estime que le recours à ce genre de pratiques est «tout simplement scandaleux».

Mustapha Bendjema