C’est un phénomène étrange et inquiétant à la fois. Algérie Part a constaté au cours de ses investigations que plusieurs marchés de fournitures des médicaments ou des dispositifs médicaux à de nombreux hôpitaux publics ont été annulés. Des appels d’offres ont été également déclarés infructueux faute de soumissionnaires. 

A titre d’exemple, l’appel d’offres national ouvert portant numéro 03/2018 sous la référence interne : 180657 et concernant un marché d’acquisition, installation ainsi que la mise en service des équipements médico-chirurgicaux au profit de l’hôpital Djeghri Mokhtar de Constantine a été déclaré tout simplement infructueux ! Le motif avancé par les services du ministère de la santé est le suivant : aucun soumissionnaire, à savoir aucun opérateur pharmaceutique n’a candidaté ou présenté un dossier pour remporter ce marché divisé, tout de même, en 6 lots.

C’est une première inédite. Au CHU de Sétif, l’appel d’offres lancé pour la fourniture de dispositifs médicaux sous la référence interne 369805 n’a pas soulevé également l’enthousiasme des opérateurs  pharmaceutiques. Preuve en est, plusieurs lots de ce marché ont été annulés à l’image du lot numéro 6 concernant les réactifs immulite ou le lot numéro 14 ainsi que les lots 37 et 22 déclarés tous infructueux.

Un autre important avis d’infructuosité a été déclaré à la suite du lancement de l’appel d’offres national ouvert numéro 09/2018 sous la référence interne 180648. Il s’agit d’un marché d’acquisition et mise en service d’équipements médicaux durant l’année 2018 au profit du CHU de Constantine Ibn Badis. Ce marché a été divisé en 13 lots séparés. Aucun de ces lots n’a été attribués… faute de soumissionnaires.

Il ne s’agit là que de quelques exemples démontrant les nombreuses annulations de marchés pharmaceutiques au niveau de nos hôpitaux publics pour absence de soumissionnaire. Selon nos investigations, la principale cause est les différents blocages de la direction de la pharmacie au niveau du ministère de la Santé.

Ces blocages créent par la suite des pénuries de médicaments ou de dispositifs médicaux indispensables pour les soins de certaines maladies dangereuses et mortelles. A titre d’exemple, les pacemakers cardiaques externes qui manquent cruellement dans plusieurs de nos établissements de santé.  Le centre spécialisé de chirurgie cardiaque de Constantine est l’établissement le plus touché par la pénurie de ce dispositif vital et indispensable car il sauve dès vie en cas d’arrêt cardiaque.

Par ailleurs, force est de constater que ce phénomène est observé dans chaque publication des appels d’offres du secteur de la Santé. Nous avons remarqué un taux anormalement élevé des avis d’infructuosité et les causes avancées reviennent toujours à l’absence de soumissionnaires. D’après nos investigations, cela veut dire que personne n’a un stock de sécurité pour répondre aux besoins de nos hôpitaux publics.

En vérité, les différents blocages du ministère de la santé empêchent les fournisseurs et distributeurs des produits pharmaceutiques de constituer leurs stocks de sécurité et d’effectuer enfin des opérations importation en cas d’urgence. Cette situation est très dangereuse et met la santé des patients algériens en péril. Algérie Part poursuit ses investigations et reviendra encore sur ce dossier.