Le parlement algérien cadenassé : l’image qui fait le tour du monde !

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La porte du Parlement algérien fermée à l’aide de chaînes et de cadenas, et des députés manifestent devant l’entrée, cette image a fait le tour du monde ces dernières 24 heures. De nombreux médias internationaux ont traité cet événement étonnant qui reflète une grave crise politique en Algérie. 

C’est, d’abord, l’AFP, la prestigieuse agence de presse française, l’une des références mondiales incontournables pour les médias internationaux, qui s’est planché sur cet événement en soulignant que cette « scène, inhabituelle » est « le dernier épisode d’un feuilleton qui dure depuis presque un mois ».

« Le président du Parlement répète qu’il ne partira qu’à la demande du président de la République. Lundi, il a été exclu du FLN. Mais rien n’y fait, il attend la décision d’Abdelaziz Bouteflika. Une décision qui ne vient pas et qui fait dire à l’opposition les institutions sont bien en crise », analyse encore à ce sujet l’AFP.

La télévision panafricaine Africanews n’a pas manqué de traiter également cet événement en relevant « l’atmosphère délétère » qui règne au Parlement algérien. « Mardi en fin d’après-midi l’entrée de l’Assemblée nationale était toujours fermée. Les adversaires de Bouhadja disent avoir convoqué pour mercredi, une réunion qualifiée d’urgente pour le remplacer, alors que l’intéressé semble faire fi de ces menaces et promettait mardi de reprendre du service », indique à ce sujet Africanews.

La célèbre télévision française France 24 a médiatisé aussi la fermeture de l’Assemblée Populaire et Nationale (APN). France 24 signale que « les motifs réels de cette crise restent flous. Bouhadja attribue ses déboires à sa décision de limoger fin septembre le secrétaire général de l’Assemblée, réputé proche de certains caciques du FLN ».
Le magazine tunisien Réalités a parlé sur son site internet de cette crise qui paralyse l’APN. Le média tunisien a parlé d’une « escalade » qui « est venue en réponse à Bouhajja qui continue à s’accrocher à son siège en tant que troisième homme de l’Etat malgré les pressions qu’il subi, la dernière en date la décision de son parti, le FLN, de lever sa couverture politique et son renvoi devant la commission de discipline ».
La fermeture des portes de l’APN a même intrigué les médias béninois. Le média Bénin Web TV a souligné qu’environ « 200 députés de la majorité bloquent depuis mardi 16 octobre matin l’entrée de l’Assemblée populaire nationale (APN) et en ont cadenassé la porte, pour en empêcher l’accès à son président dont ils réclament la démission ».
En Russie, c’est l’agence de presse multimédia internationale Sputnik a longuement abordé cette incroyable escalade dans la crise politique qui paralyse le parlement algérien. Cette source très consultée à travers le web dans le monde entier, grâce à ses éditions dans une dizaine de langues internationales, a fait savoir « dans le conflit qui l’oppose aux députés de la majorité parlementaire, Saïd Bouhadja, le président de l’Assemblée populaire nationale algérienne (APN), a accusé, le 16 octobre, dans un entretien accordé au journal en ligne Al-Araby Al-Jadeed, ses détracteurs de «comploter» contre le chef de l’État algérien ».

« Les travaux du parlement algérien sont gelés depuis le début du mois par les députés de la majorité présidentielle. Les cinq groupes parlementaires formant l’Alliance présidentielle (FLN, RND, TAJ, MPA et Indépendants) n’en démordent pas: ils exigent le départ de Saïd Bouhadja, à la tête de l’Assemblée Populaire Nationale (APN) depuis mai 2017 », résume enfin l’agence de média russe.

Ces multiples publications et cette couverture internationale témoigne du regard médusé que porte sur notre pays les médias internationaux. L’Algérie est devenue ainsi l’un des pays les plus complexes et plus difficiles à comprendre à cause de l’actuelle crise politique.