Pour les années 2017-2019, l’un des objectifs stratégiques de I’Organisation de l’Aviation Civile Internationale (OACI), concerne la sûreté et la facilitation aux fins d’améliorer le niveau global de la sûreté de l’aviation et de la facilitation et des questions liées à la sécurité aux frontières.

A ce titre, en tant que contractant, l’Algérie est tenue selon l’Annexe de sureté N° 17 de la convention de Chicago organisant l’aviation civile internationale et du Programme National de Sureté de l’Aviation Civile (PNSAC), d’établir et mettre en œuvre un programme national écrit, de sûreté de l’aviation civile destiné à protéger les opérations de l’aviation civile contre les actes d’intervention illicite, au moyen de règlements, de pratiques et de procédures qui tiennent compte de la sécurité, de la régularité et de l’efficacité des vols.

Il y a de cela une semaine, l’Officier Lhouti Abdelwahab assurait la gestion de l’équipe de policiers, chargés de la sécurité des aéronefs, au niveau du tarmac de l’aéroport de Houari Boumediene à Alger.

Cette brigade aéronef, supervisait, entre autres, le vol d’Alitalia Cityliner à destination de Rome dont le départ était prévu à 4 heures du matin.

L’Officier de police Lhouti Abdelwahab, qui se déplace en temps normal avec un chauffeur qui lui est affecté en sa qualité de responsable, ne doit pas se retrouver en bas de l’aéronef.

Les règles imposent que cela soit des éléments de police qui assurent une présence autour des avions au sol.

Or en violation totale de la législation, tant nationale qu’internationale, et du PNSAC, l’Officier Lhouti a décidé de conduire seul le véhicule Vito mis à sa disposition par la Direction Générale de la Sureté Nationale, pour se diriger au bas de l’avion et remettre un cabas à un passager !

Que pouvait contenir ce cabas qui a échappé aux contrôles de sureté, protégé par un officier de la police nationale ?

Cet incident, pose le problème de contrôle de sureté et des mesures et moyens humains et matériels mis en place, visant à protéger l’aviation civile tant nationale qu’internationale contre des actes d’intervention illicites.

Mais également la question de la gestion et les contrôles précaires opérés par les services de sécurité de l’aéroport.

Le code de sureté de l’OACI est clair, au-delà des points d’inspections, il ne peut y avoir de contact entre personnes ayant été soumises à un contrôle de sureté à des personnes non soumises à un tel contrôle !

Si tel est le cas ces passagers et leurs bagages devront se soumettre, une nouvelle fois, à un contrôle de sureté avant embarquement…

Le commandant de bord du vol d’Alitalia, qui a la faculté de débarquer toute personne (équipage ou passagers), mais également toute partie du chargement, qui peut présenter un danger pour la sécurité, la santé, la salubrité ou le bon ordre à bord de l’aéronef, a assisté à cette rocambolesque scène…

Il a aussitôt rédigé et transmis un rapport aux autorités. Ce qui a conduit à la suspension de l’indélicat officier de police Lhouti Abdelwahab.

Une enquête a été ouverte et la justice tranchera sur son sort.

Il est certes facile aux enquêteurs d’établir l’identité du passager en croisant les appels téléphoniques entre les deux hommes, mais également en exploitant les enregistrements vidéo des 400 caméras entourant l’enceinte de l’aéroport d’Alger.

Comme tous nos lecteurs, nous nous posons de nombreuses questions, mais une est importante à nos yeux : avons-nous les bonnes compétences à la tête des services de contrôles pour des structures aussi sensibles et stratégiques que sont les aéroports et ports algériens ?

Car il y va de la sécurité des passagers, des équipages, du personnel au sol et du public…