De grands groupes pharmaceutiques mondiaux rencontrent des difficultés et des blocages inédits en Algérie. C’est du moins ce que vient de constater Algérie Part suite à ses investigations. Preuve en est, Asahi Kasei Medical, un acteur majeur de l’hémodialyse dans le monde est empêché de travailler en Algérie depuis 2015. 

Filiale d’un grand groupe japonais de l’industrie pharmaceutique, Asahi Kasei Medical est considéré comme l’un des leaders mondiaux spécialiste du traitement et de la purification du sang. Il propose à l’ensemble de la communauté médicale des produits de qualité en dialyse, hémaphérèse et transfusion sanguine. Mais en Algérie, ce géant japonais n’est pas le bienvenu. Et pour cause, son partenaire algérien a déposé un dossier au niveau de la Direction de la Pharmacie au sein du Ministère de la Santé en été 2015 sans aucun retour pour le moment.

Plus de 3 ans pour attendre une seule et simple réponse ! C’est du jamais vu à travers le monde. Pis encore, ce blocage semble obéir à des visées politiques car certains cercles influents au ministère de la Santé tentent, visiblement, de protéger un seul importateur et opérateur algérien contre toute concurrence. “Nous ne comprenons pas, non plus, pourquoi les membranes d’hémodialyse ont été rajoutées dans la liste des médicaments et dispositifs interdits à l’importation alors que ces dispositifs ne sont pas fabriqués en Algérie. Cela a été officialisé dans le JO du 14 décembre 2008 et celui du 25 novembre 2015”, a expliqué ainsi le partenaire algérien du japonais Asahi Kasei Medical dans une lettre qu’il vient d’adresser au Premier-ministre, Ahmed Ouyahia. Une lettre dont Algérie Part détient une copie.

“Ces blocages nous empêchent de participer à des appels d’offres et empêchent surtout le
citoyen algérien d’accéder à des produits de qualité proposés à des prix très compétitifs”, déplore enfin le partenaire algérien du géant pharmaceutique japonais.

Signalons en dernier lieu que le marché des membranes d’hémodialyse est dominé en Algérie depuis de très nombreuses années par la famille du défunt ex général-major Kamel Abderrahim. Algérie Part avait publié auparavant toute une enquête approfondie qui relate les dessous du monopole d’importation des équipements et consommables en hémodialyse, ces produits n’étant pas fabriqués, mais montés en Algérie. Un monopole détenu par un seul opérateur : la société INDUSTRIES MEDICO CHIRURGICAUX SARL. (IMC), propriété de la famille de l’ex général-major Kamel Abderrrahim. Décidément, au ministère de la Santé, des lobbys bloquent l’arrivée des nouveaux investisseurs étrangers pour sauvegarder les intérêts financiers qui se chiffrent en plusieurs dizaines de millions d’euros par an.