Le passage de Abdelbasset Zaïm, président du club de foot annabi, l’USMAN, évoluant en Ligue 2 professionnelle, vient encore une fois nous rappeler l’amère réalité.

La servilité, l’hypocrisie et l’inclination devant le roi du moment sont devenus monnaie courante chez la majorité de nos concitoyens, sans distinction d’âge, de sexe ou de «rang social». Courber l’échine, se prosterner tout en prêtant allégeance à l’actuel wali, maire, ministre, député ou tout autre «responsable» est devenu un véritable art dont on peut même s’enorgueillir. Les exemples ne manquent pas.

Ce phénomène n’est pas vraiment nouveau, même s’il a pris une ampleur considérable ces dernières années, faisant de la chitta le principal critère de sélection d’un responsable. Ce dernier ne manquera pas de se baser sur les mêmes critères pour «trier sur le volet» ceux qui formeront sa petite courette de nouveau roitelet. En effet, pour ces gens, il vaut mieux être entouré de fidèles incompétents que de cadres intègres qui n’hésiteront pas à les contredire lorsque ceci sera nécessaire. Un critère qui, encore une fois, n’a rien de nouveau à Annaba comme partout dans le monde arabe. Mais le pire dans tout cela, c’est que la fidélité n’est plus de mise et que l’allégeance est éphémère et réversible pour les nombreux opportunistes qui constituent, aujourd’hui, l’essentiel de la scène politique, médiatique, économique …

 

A peine le roi disparu, ses plus proches (in)fidèles sont les premiers à prêter allégeance à son successeur ; les premiers à changer de camps et de bord ; les premiers à critiquer le bilan du roi déchu. Les exemples sont légion à Annaba, comme ailleurs. Le cas du président de l’USMAn qui, durant plus d’une année, n’a pas tari d’éloges sur le wali, Mohamed Salamani, présenté comme l’homme providentiel venu sauver Annaba, est ô combien représentatif de ce qui se passe actuellement. A peine remplacé par décret présidentiel et appelé à occuper les mêmes fonctions ailleurs, l’ex-numéro 1 de Annaba a vu une véritable campagne de dénigrement à son encontre. A Annaba, le code d’«honneur» a bien (plutôt mal) évolué ; «On ne frappe un homme que lorsqu’il est à terre».

 

Moins de 36 heures après l’annonce de départ de Salamani c’est le sulfureux député Baha Eddine Tliba qui a ouvert le bal des critiques. Ceci dit, rien n’était étonnant de la part de cet «élu du peuple», surtout que celui-ci avait été mis à l’écart sous le «règne» Salamani.

Mais les nombreux cadres et responsables ont vite fait d’emboîter le pas au député le plus tristement célèbre d’Annaba. Zaïm Abdelbasset n’a pas dérogé à la règle. Celui-là même qui chantait les louanges de Salamani à chacune de ses apparitions a osé se montrer sur la chaine TV la plus regardée en Algérie pour déclarer toute honte bue le contraire de ce qu’il a longtemps affirmé. L’ancien sauveur de l’USMAn est devenu en moins d’une semaine la cause de tous les maux du club annabi. La douzaine de milliards que celui-ci apporta au club s’est évaporée. «Il n’a octroyé aucune aide financière au club», affirmait M. Zaïm.

A la question de l’animateur de savoir «comment Zaïm a oser virer Tliba avec un post sur Facebook, Zaïm répond «Tliba sais et moi je sais. Il y avait des pressions de la wilaya. Il y avait Salamani qui avait combattu l’équipe car il avait un désaccord avec Tliba. Donc, j’ai décidé de dissocier la politique du football».

 

Une réponse loin d’être convaincante dans la bouche de ce manitou du nouvel opium du peuple qui ne manqua pas de répéter son allégeance à Tliba en attendant d’avoir l’occasion d’en faire autant avec M. Toufik Mezhoud, le nouveau Wali d’Annaba.

La chitta atteint des proportions impressionnantes. Il ne manquerait plus que le baisemain…

 

Bendjama Mustapha