«Ettayer el hor ki tahkem, mayetkhabetch !» (Capturé, l’oiseau noble ne se débat pas !). En mettant en exergue ce dicton du terroir algérien qui revient tel un leitmotiv, le journaliste et écrivain Mohamed-Chérif Lachichi plante le décor typiquement algérien de son premier roman «La Faille» à paraître aux Editions L’Harmattan-Algérie.
Ce livre au titre évocateur est (très) attendu au Salon international du Livre d’Alger (SILA) où il promet d’être l’une des révélations de l’édition 2018. Son auteur, un grand-reporter étant une «plume» reconnue de la presse écrite algérienne. Aussi, sa création littéraire, première du genre, suscite déjà un grand intérêt chez ses nombreux lecteurs. S’inscrivant dans la lignée des romans parus au lendemain de la décennie noire en Algérie, «La Faille» se présente comme un thriller passionnant avec une bonne dose d’hémoglobine. Il n’en est pas moins un plaidoyer contre la violence et la montée de l’extrémisme en Algérie :
«Évadé de prison, grâce à un concours de circonstances, le héros du roman va faire une rencontre surprenante, une de celle qui change un destin. Sa petite histoire personnelle va percuter ainsi, avec fracas, la grande Histoire de l’Algérie de ce début du XXIème siècle. Une occasion pour l’auteur de dépeindre, non sans humour, les différents travers de sa société ainsi que les mœurs étranges de ses dirigeants”, nous apprend la quatrième de couverture de ce livre qui se veut, d’une certaine manière, «un hymne à l’Algérie».
Et pour cause, «Dans cette chronique riche en péripéties, l’auteur livre plusieurs réalités de l’Algérie d’aujourd’hui. Il y décrypte les mécanismes d’une Algérie «officielle» à bout de souffle face à un mouvement «antisystème» qui se renforce, jour après jour, au gré des affaires politico-médiatiques et des grands mouvements de contestation sociétaux». Lachichi décrit, à ce sujet, une Algérie à la dérive minée par de profondes divisions sectaires, une Algérie tribalisée et tourmentée par un écart croissant entre les gouvernants et les gouvernés». Un des passages les plus succulents de «La Faille» est assurément cette histoire extravagante de «l’homme au crocodile», un prédateur qui se croyait tellement invincible qu’il a fini comme une vulgaire proie. Bref, voilà un récit qui ne manque pas de mordant !

Mohamed- Lamine Maghnine 

“La Faille”, Editions L’Harmattan-Algérie , 290 pages