Abdelaziz Bouteflika peut-il dissoudre le parlement ? C’est la question qui taraude tous les esprits en Algérie. Une question délicate qui alimente les plus vives discussions et suscite de nombreuses spéculations. La crise qui prévaut actuellement au parlement algérien peut bel et bien inciter le Président de la République à dissoudre l’Assemblée Populaire et Nationale (APN). 

Et la loi dans notre pays autorise clairement le Chef de l’Etat à prononcer la dissolution du parlement. En effet, l’article 129 de la Constitution algérienne permet d’envisager cette situation. Que dit exactement cet article ?  « Le Président de l’Assemblée Populaire Nationale, le Président du Conseil de la Nation et le Premier ministre consultés, Le Président de la République peut décider de la dissolution de l’Assemblée Populaire Nationale », explique clairement cet article de notre constitution qui parle également  « d’élections législatives anticipées ».

Cependant, « ces élections législatives doivent avoir lieu dans un délai maximal de trois (3) mois ». Ainsi, si la dissolution de l’actuel parlement intervient au mois d’octobre, des élections législatives anticipées doivent être organisées, au plus tard, d’ici le mois de janvier prochain. Dans ce contexte, le pays va vivre une « période transitoire ». Et l’article 179 de notre Constitution permet au « Président de la République à l’issue du
mandat de l’instance législative et jusqu’à l’élection de l’Assemblée Populaire
Nationale » de légiférer « par ordonnance, y compris dans les domaines relevant désormais
des lois organiques ».

Signalons enfin que contrairement à ce que rapportent de nombreux médias algériens, la tenue de nouvelles élections législatives anticipées n’annule nullement, du point de vue la loi, l’organisation des élections présidentielles qui doivent intervenir au mois d’avril 2019. Techniquement et politiquement parlant, il est totalement envisageable d’organiser deux élections à la fois dans un laps de temps court, à savoir des élections législatives anticipées et, par la suite, une élection présidentielle.

En tout cas, aucune loi, ou article de la Constitution algérienne, ne permet clairement de reporter les élections présidentielles en raison d’une dissolution du Parlement.