Le pays se dirige-t-il vers une paralysie généralisée et dangereuse en raison de la situation de blocage dans laquelle se retrouve le parlement algérien ? Non, loin s’en faut. En vérité, en Algérie, le Président de la République peut continuer à diriger le pays sans recourir à la consultation permanente des députés. Explications. 

En effet, l’article 124 de la constitution de notre pays prévoit clairement ce genre de situation. Cet article de la constitution expliqu’en cas “de vacance de l’Assemblée Populaire Nationale ou dans les périodes d’inter-session du Parlement, le Président de la République peut légiférer par ordonnance”.

Cela signifie quoi au juste ? En réalité, il suffit que le Président de la République soumette “les textes qu’il a pris à l’approbation de chacune des chambres du Parlement, à sa prochaine session”. “Sont caduques les ordonnances non adoptées par le Parlement”, indique encore le même article de la Constitution.

Par ailleurs, une autre situation permet au Chef de l’Etat de diriger les affaires du pays en l’absence du parlement. Il s’agit de l’état d’exception définit par “l’article 93 de la Constitution” qui permet au Président de la République de légiférer par ordonnances.
“Les ordonnances sont prises en Conseil des Ministres”, est-il noté.

Cependant, cet article 93 ne peut s’appliquer que dans une conjoncture où la sécurité du pays est sérieusement compromise. Cet article de la constitution indique que “lorsque le pays est menacé d’un péril imminent dans ses institutions, dans son indépendance ou dans son intégrité territoriale, le Président de la République décrète l’état d’exception”.

Cet “état d’exception habilite le Président de la République à prendre les mesures
exceptionnelles que commande la sauvegarde de l’indépendance de la Nation et des
institutions de la République”, est-il ainsi expliqué dans notre constitution. “L’état d’exception prend fin dans les mêmes formes et selon les procédures ci-dessus
qui ont présidé à sa proclamation”, précise l’article 93. Il faut savoir que dans notre constitution, il y a trois notions différentes qui sont employées : état d’urgence, de siège et état d’exception. Et lors de ces trois situations, les pouvoirs du président de la République sont étendus et illimités. Mais ces situations impliquent un danger considérable pour la stabilité et la sécurité du pays. Et l’Algérie ne doit en aucun cas subir ces malheureuses circonstances porteuses de lourdes conséquences politiques sur le pays.