Les travailleurs d’El-Hadjar ne décolèrent pas : «Baha dégage !» Ils étaient, ce dimanche 30 septembre, plus de 3.000 travailleurs à manifester encore une fois leur colère et leur refus en tant qu’Annabis et Algériens, d’être représentés par le député milliardaire Baha Eddine Tliba. La manifestation était prévue depuis plusieurs jours. Les manifestants devaient investir les rues de la ville afin d’être ralliés par tous les citoyens convaincus que Tliba Baha Eddine est une «honte» pour la wilaya d’Annaba.

Les travailleurs d’El-Hadjar ont même lancé sur les réseaux sociaux un appel à participation à l’adresse des citoyens d’Annaba. Mais la situation a changé avec la venue du nouveau Wali. Les travailleurs n’ont pas pu obtenir les autorisations nécessaires pour pouvoir marcher en pleine ville avant de tenir un sit-in en face du siège de la wilaya.

L’objectif de l’action menée par les «métallos» d’El-Hadjar est d’exiger des autorités centrales et de la justice que le député soit dépossédé de son immunité parlementaire qui lui permet, dénoncent ces mêmes travailleurs, de commettre “les crimes” qu’il désire dans l’impunité la plus totale.

Le ras-le-bol des travailleurs intervient au moment où le parlementaire milliardaire au palais Zighoud Youcef orchestre la manœuvre de trop dans son ingérence dans les affaires de leur usine. Se débarrasser du député indésirable qui avait fait appel à des baltaguiya pour les menacer et mettre leurs vies en danger, n’est rien qu’une mesure protectionniste pour les travailleurs. Ils veulent ainsi protéger et leurs vies et le pôle industriel qui les emploie et leur permet de subvenir aux besoins de leurs familles. Pendant que les travailleurs criaient à tue-tête «Baha dégage», «Ni Amouri, ni Baha, le complexe appartient aux honnêtes gens», «le complexe est une ligne rouge», «Non à l’immunité de la honte» et d’autres slogans hostile à Tliba, ce dernier était présent à la cérémonie de passation de consignes entre le wali Salamani et Mezhoud.

Le député semblait se délecter du départ de Salamani. Même si tout le monde sait qu’il n’a pas le bras suffisamment long pour ce genre de décisions, le député tente tant bien que mal de faire croire à l’opinion publique et à ses nombreux adversaires qu’il a le soutien inconditionnel du nouveau wali. Mais le refus de Toufik Mezhoud d’autoriser la manifestation était surtout d’ordre sécuritaire. Le nouveau chef de l’exécutif ne voulait pas de grabuge pour sa première journée à la tête de la wilaya d’Annaba et cela ne peut que se comprendre aisément.

Bendjama Mustapha