Gagner de l’argent en Algérie pour acheter des hôtels ou des biens immobiliers en France à Paris sans justifier la provenance des fonds avec lesquels ces acquisitions ont été financées, c’est le joyeux destin qui fait rêver de nombreux milliardaires et oligarques algériens. Un rêve que Bachir Ould Zemirli a bel et bien réalisé au prix de plusieurs procédés louches et suspects qui soulèvent de nombreuses interrogations sur la légitimité de sa fortune. Nos investigations. 

Algérie Part a découvert que l’hôtel Atelier Montparnasse est la propriété depuis 2015 de l’homme d’affaires algérien Bachir Ould Zemirli, propriétaire de plusieurs sociétés dans le secteur de l’immobilier et l’agroalimentaire en Algérie, et premier vice-président de la Fédéraion algérienne de football (FAF). Situé au 20 rue Francis de Pressense, dans le 14ème arrondissement de la ville de Paris, cet hôtel 3 étoiles propose des chambres pour l’équivalent de 150 euros la nuitée.

L’hôtel situé dans une place stratégique à Paris s’apparente bel et bien à une belle affaire.

Cela dit, dans ses bilans financiers, Bachir Ould Zemirli affirme que son hôtel est déficitaire.

Pis encore, il fait croire aux autorités françaises qu’il avait acquis cet hôtel pour moins de 500 mille euros ! Or, selon nos investigations, cet hôtel vaut au moins 3 millions d’euros, nous confirment plusieurs experts du secteur de l’hôtellerie à Paris.

Comment a-t-il pu être possible qu’un tel établissement soit racheté uniquement à près de 500 milles euros par le businessman algérien ?

« En vérité, lors des transactions immobilières effectuées par les hommes d’affaires algériens en France, il y a toujours une partie non-déclarée ou payée en espèces. Ce procédé permet à l’acheteur algérien de blanchir son argent et d’éviter de verser des frais de notaire fixés à environ 8 % de la valeur réelle du bien acquis », confie à Algérie Part un expert parisien bien introduit dans les affaires hôtelières et immobilières.

Il est donc fortement probable que Bachir Ould Zemirli a dissimulé plusieurs millions d’euros au fisc grâce à ce procédé qui lui permet de racheter des biens comme l’hôtel Atelier Montparnasse sans payer des taxes conséquentes au fiscdu pays hôte ou de celui de son propre pays…

Par ailleurs, force est de constater que l’hôtel du vice-président de la fédération algérienne de football perd étrangement de l’argent alors qu’il est situé dans une zone très prisée par les touristes étrangers en visite à Paris.

Nous avons pu nous en rendre compte en nous déplaçant sur place, et en vérifiant qu’il jouissait d’un activité tout à fait normale en cette saison.

Ainsi, les documents exclusifs obtenus par Algérie Part au cours de nos investigations démontrent que durant l’exercice financier de 2017, l’hôtel de l’homme d’affaires algérien a perdu plus de 73 mille euros alors qu’à l’exercice précédent, en 2016, ces pertes ont été évaluées à 37 mille euros.

Ces bilans déficitaires apparaissent très douteux car cette situation lui permet de ne pas s’acquitter de l’impôt sur les sociétés. Reste à savoir tout de même si Bachir Ould Zemirli déclare les clients de son hôtel qui paient en espèces.

Plusieurs hôteliers interrogés par Algérie Part font savoir qu’il est facile de rentabiliser un établissement 3 étoiles situé tout près de la gare Montparnasse à Paris.

D’autre part, les bilans financiers de l’hôtel de Bachir Ould Zermirli soulèvent plusieurs autres doutes sur les déclarations financières.

Il est ainsi déclaré qu’en 2017, le chiffre d’affaires était de 1,025 million d’euros alors qu’en 2016, il était de 1,028 million d’euros. Comment un établissement qui réalise un chiffre d’affaires de plus d’un million d’euros peut subir des pertes dans son résultat net dans une activité d’hébergement ? S’agit-il d’un montage pour introduire du cash dans l’entreprise qui exploite cet établissement hôtelier ?

La question se pose en toute légitimité puisque ce mécanisme peut permettre au businessman d’introduire en France des euros en cash depuis l’Algérie pour combler soi-disant les trous dans la gestion de son hôtel provoquées par les pertes financières.

Quoi qu’il en soit, ces bilans et informations communiqués par Bachir Ould Zermirli peuvent inciter les services fiscaux à diligenter une enquête pour procéder à un profond contrôle fiscal des deux côtés de la méditerranée

Plus spécialement, les autorités algériennes ne devraient-elles pas s’intéresser à la provenance de ses fonds ayant servi aux acquisitions immobilières d’un homme d’affaires algérien dont la plupart des entreprises sont domiciliées à Alger et dont le centre économique et familial est notoirement l’Algérie ?

L’article 8 du règlement de la Banque d’Algérie n°07-01 stipule clairement que “hormis les cas expressément prévus par l’article 126 de l’ordonnance n°03- 11 du 26 août 2003, susvisée, la constitution d’avoirs monétaires, financiers et immobiliers à l’étranger par les résidents à partir de leurs activités en Algérie est interdite”. En clair, un algérien résident en Algérie n’a pas le droit d’utiliser l’argent qu’il gagne sur le territoire national pour s’offrir des biens immobiliers ou financiers à l’étranger sans l’autorisation de la Banque d’Algérie.

Notre enquête et nos divulgations sur les biens étrangers de nombreux oligarques continue.