Décryptage. Blocage et confusion au parlement Algérien : pourquoi Saïd Bouhadja est sommé de démissionner

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Cela fait presque une semaine qu’une grave crise traverse le parlement algérien, à savoir l’APN. Un groupe de députés FLN veut destituer le président de l’APN, Saïd Bouhadja. Ce dernier résiste et s’en remet à la Présidence de la République.

Un groupe de députés, appartenant notamment au FLN, ont dit avoir signé une pétition poussant le président de l’APN à la démission. Car, en dehors de cette procédure, il n’existe pas un autre moyen susceptible de faire partir le président de l’APN, élu pour un mandat hermétique de 5 ans. Il n’y a ni retrait de confiance, ni vote de sanction. C’est pour cela que les parlementaires du FLN n’ont pas trouvé un autre moyen de faire partir le président de l’APN que par le seul biais de le pousser à la démission.

C’est ce compte faire Djamel Ould-Abbès et ses proches qui, en privé, disent que Saïd Bouhadja a « dépassée les lignes rouges ». Autrement dit, le troisième homme de l’Etat a abusé de certaines prérogatives qui reviennent au Président de la République.

Pour certains députés, Saïd Bouhadja n’a pas « bien géré » l’APN. On lui reproche notamment des « recrutements anarchiques » et « une mauvaise gestion de l’administration » de l’APN. Mais en réalité, c’est le limogeage de Bachir Slimani, secrétaire général de l’APN, qui a allumé le feu entre les députés FLN et Saïd Bouhadja. Bachir Slimani est un homme très respecté, influent et son limogeage a été tenté plusieurs fois, y compris par l’ancien président de l’APN, Mohamed-Larbi Ould-Khelifa. Mais en vain.

Ces derniers jours, un violent conflit a opposé Saïd Bouhadja à Bachir Slimani. Le Président de l’APN est parti jusqu’à chasser son adversaire de son propre bureau au sein du parlement. Les serrures de ce bureau ont été changées et Bachir Slimani ne pouvait plus accéder à son lieu de travail. En parallèle, Said Bouhadja orchestrait administrativement son limogeage. Un comportement qualifié de « dérapage dangereux » par de nombreux députés FLN et plusieurs autres parlementaires originaires des autres formations politiques du pays. La Présidence de la République a été officiellement saisie et finit par s’interposer dans ce conflit pour rappeler à l’ordre un Saïd Bouhadja désavoué à cause de « l’indélicatesse de son attitude ».

Et depuis, plusieurs voix s’élèvent pour réclamer la démission du président de l’APN.

Pour sa part, le président de l’APN ne compte pas céder. Il refuse de démissionner tant qu’il n’en a pas reçu l’ordre de la présidence de la République. Cette décision intervient au moment où le secrétaire général du FLN, Djamel Ould-Abbès, a indiqué à partir de Médéa qu’il attendait la démission de Bouhadja pour « éviter le blocage » de l’Assemblée !

Pour l’instant, la situation est bloquée. Chacune des parties campe sur sa position en attendant des développements à partir de ce dimanche.