En Algérie, trouver un toit décent relève d’un véritable combat qui peut durer des années, voire toute une vie pour les infortunés et simples mortels qui n’ont aucune entrée au sein des administrations de l’Etat. En revanche, pour certaines catégories d’Algériens, bénéficier gracieusement d’un logement relève d’un simple et ordinaire jeu d’enfants ! 

Algérie Part a obtenu au cours de ses investigations des documents exclusifs qui démontrent cette réalité amère. En effet, à Annaba, deux jeunes personnes célibataires ont obtenu avec une facilité déconcertante des appartements neufs au niveau de l’Office de Promotion et de Gestion Immobilière Annaba (OPGI) alors qu’ils étaient respectivement  âgées d’à peine 20 et 23 ans ! Il s’agit d’un garçon et d’une fille comme le démontrent les documents en notre possession. Comme l’indique cet acte de location établi en bonne et due forme par l’OPGI d’Annaba, Mohamed B. est âgé d’à peine 23 ans lorsqu’il obtient au cours de l’été 2013 un appartement F4 portant le numéro 173 au niveau d’une « cité » située à El Bouni, une commune de la wilaya d’Annaba.

Quant à Hiba J., une jeune fille âgée d’à peine 20 ans et scolarisée encore au lycée au moment des faits, elle s’est vu attribuer un appartement F3 portant le numéro 54 situé également au niveau d’une cité relevant de la localité d’El Bouni dans la wilaya d’Annaba. Ces deux jeunes personnes, sorties à peine de la minorité, n’ont donc pas subi le moindre désagrément que nécessitent les années de lutte et de patience pour « jouir » du droit de se loger en Algérie. Et pourtant, des familles entières ont déposé leurs dossiers et accompli des formalités pendant plus de 20 ans et elles n’ont toujours pas signé leur bail de location.

Comme l’indiquent clairement nos documents, ces attributions de logements sont signées par l’ancien directeur de l’OPGI d’Annaba, qui a été élu comme député de la wilaya de Constantine lors des dernières élections législatives, Amar Khalfaoui. Ce dernier devrait vraiment fournir des explications car ces attribution soulèvent de dangereux soupçons de favoritisme. D’autre part, selon les informations obtenues jusque-là par Algérie Part, ces deux jeunes personnes sont les parents d’une femme très proche de l’ancien ministre du Travail, de l’Emploi et la Sécurité Sociale, et ancien Wali d’Annaba de 2008 à 2013, Mohamed El Ghazi. Nous poursuivons nos investigations et nous reviendrons prochainement sur ce sujet.