C’est un témoignage inédit ! Dans son livre, Le soleil ne se lève plus à l’Est, mémoires d’Orient d’un ambassadeur peu diplomate, l’ancien ambassadeur de France en Algérie entre 2006 et 2008, Bernard Bajolet a révélé qu’un projet de création d’une université algéro-française était en cours de négociation à l’époque.

Bernard Bajolet explique dans son livre paru la semaine dernière à Paris que l’objectif de cette université est de délivrer des diplômes qui auraient « bénéficié d’une équivalence avec ceux des universités ou des grandes écoles française ». Au départ, ce projet a suscité l’enthousiasme du Président de la République, Abdelaziz Bouteflika. Cependant, il a fini apr changer d’avis pour s’opposer à ce projet, révèle Bernard Bajolet.

 » Vous allez aspirer toute notre jeunesse éduquée » s’est justifié Abdelaziz Bouteflika, rapporte Bernard Bajolet dans son précieux ouvrage. Selon l’ex-diplomate français, c’est surtout l’équivalence des diplômes qui le gênait craignant, par la suite, un départ massif des diplômés algériens vers la France. L’ancien ambassadeur français a tenté de le rassurer en lui expliquant tout le contraire. « Les 5000 nouveaux étudiants algériens auxquels nous accordons chaque année des visas d’études ne retournent que rarement chez vous, alors que ceux qui seraient formés en Algérie auraient plus de chance d’y rester », a rétorqué l’ambassadeur de France.

Bernard Bajolet a échoué à convaincre Abdelaziz Bouteflika. Et cette université franco-algérienne ne verra jamais le jour.