Après le complexe sidérurgique d’El-Hadjar, c’est Fertial, la Société des Fertilisants d’Algérie, qui attise les appétits en faisant l’objet d’une virulente campagne de lobbying exercé par les réseaux d’un richissime homme d’affaires qui veut privatiser ce fleuron de l’industrie pétrochimique. 

Cet homme d’affaires est le puissant Ali Haddad, la deuxième fortune du pays et patron des patrons Algériens, premier responsable FCE. Selon nos investigations, le milliardaire et patron du groupe ETRHB exerce de forte pressions pour forcer la main aux autorités dans le but de privatiser une partie important du capital de Fertial. Ali Haddad a d’ores et déjà déposé une demande de crédit estimé à près de 200 millions de dollars auprès de trois banques. Il s’agit de la Banque Nationale Algérienne (BNA), l’ABC Bank, une banque originaire du Bahreïn, ainsi que de la banque française Société Générale.

Avec cet argent, Ali Haddad envisage d’augmenter ses parts dans le capital de cette société qui dispose de deux sites de production, Annaba et Arzew, destinés à la fabrication d’ammoniac et d’engrais azotés et phosphatés, avec une capacité de production annuelle d’un million de tonnes d’ammoniac. Une partie de cette production est réutilisée pour la production d’une large gamme d’engrais azotés et phosphatés.

Il est à souligner qu’à partir de 2017, Ali Haddad avec son groupe ETRHB a racheté 17% des parts de FERTIAL. Confronté à des difficultés en Algérie et cité dans une sombre affaire de corruption à Madrid, le Grupo Villar Mir a manifesté sa volonté de revendre la totalité ou une grande partie de ses parts. Ali Haddad saute sur l’occasion et rêve ainsi de devenir le premier privé propriétaire d’une importante entreprise de pétrochimie en Algérie.

Il faut savoir que Fertial est le fruit d’un partenariat signé en août 2005 par le Groupe public  Asmidal et le Groupe espagnol Grupo Villar Mir, qui détenaient respectivement 66 et 34 % du capital social.  Le groupe ASMIDAL est spécialisé dans le développement, production, et commercialisation des engrais et des produits phytosanitaires.  Il s’agit d’une filiale détenue à 100% par le Groupe SONATRACH.

Et à Sonatrach, la direction générale n’approuve pas du tout ce plan de privatisation proposé par Ali Haddad qui veut racheter entièrement les parts du groupe espagol Grupo Villar et s’imposer ainsi comme le seul partenaire privé de la société nationale des hydrocarbures. Saisie par le PDG de Sonatrach, la Présidence de la République a refusé également cette privatisation partielle d’une importante entreprise publique. Cependant, Ahmed Ouyahia, le Premier-ministre, a préféré, quant à lui, défendre la cause d’Ali Haddad. Selon nos investigations, il a pris récemment attache avec la direction générale de Sonatrach pour leur donner des consignes verbales favorables aux intentions du milliardaire et patron du FCE.

Ceci dit, ces consignes verbales n’ont aucune valeur décisionnaire pour le moment car le dernier mot dans ce dossier revient à la Présidence de la République. Soulignons enfin qu’à Annaba et Arezw, au niveau des unités de production de Fertial, les travailleurs commencent à paniquer car plusieurs rumeurs sont propagées à propos d’une cession importante des parts de leur société au profit d’Ali Haddad. Ces travailleurs menacent de se mobiliser pour dire non à cette privatisation partielle qui risque de compromettre l’avenir de leurs emplois. Force est de constater que les travailleurs de Fertial ne font pas du tout confiance au patron de l’ETRHB et refusent de lui céder leur entreprise. Algérie Part reviendra prochainement sur ce dossier avec plus de détails.