“L’Algérie est comme frappée d’une sorte de malédiction”. C’est avec ces mots que l’ancien ambassadeur de France à Alger, Bernard Bajolet, avait résumé ces deux années de travail, de 2006 à 2008, lorsqu’il devait quitter Alger en juillet 2008 pour retourner en France. L’ancien diplomate, qui deviendra en 2013 le patron des services secrets français la DGSE jusqu’à 2017, a révélé dans son ouvrage qui vient de paraître à Paris le contenu exclusif de sa note de réflexion adressée au Quai d’Orsay. 

“L’Algérie a tous les atouts pour réussir dont certains, comme les richesses de son sous-sol, peuvent faire envie à ses voisins”, avait expliqué en juillet 2008 un Bernard Bajolet impressionné par le potentiel de notre pays, mais ô combien inquiet pour son avenir en raison de ses multiples problèmes de gouvernance. Selon l’ex-diplomate qui a côtoyé tous les décideurs algériens ainsi que les membres de la société civile, “la richesse de l’Algérie est accaparée ou gaspillée quasiment depuis l’Indépendance”, dit-il dans son livre intitulé le Soleil ne se lève pas à l’est et édité par Plon.

Bernard Bajolet porte un regard très dur sur la nomenklatura algérienne en estiment qu’elle est “indéboulonnable et se renouvelle par cooptation. Cependant, l’Algérie regorge de talents, fait également savoir l’ex-patron de la DGSE dans ce livre où il fait part de toutes ses confessions à la suite de son long parcours au sein de la diplomatie et services secrets français.

“Il suffit d’un peu d’ouverture pour que ces talents, ce dynamisme contenu se donnent libre”, a analysé Bernard Bajolet en faisant référence à ces Algériens qui bravent les obstacles pour améliorer leurs conditions de vie et fonder des entreprises novatrices.