La révolution menée par plus de 3.000 travailleurs du complexe sidérurgique d’El-Hadjar, contre le sulfureux et impopulaire député milliardaire Baha Eddine Tliba, ne semble pas atténuer les « ardeurs » de ce dernier.

Malgré une défaite écrasante ayant conduit au limogeage d’au moins quatre hauts responsables sous la coupe de Baha ainsi que le retrait de confiance au syndicat, avec ses 29 sections, affilié au même politicien milliardaire, Tliba ne baisse pas les bras. Selon nos sources, la divulgation des enregistrements audio entre le député et l’un de ses hommes de main, ne l’empêche pas de récidiver.

Après avoir voulu envoyer des voyous «briser» la manifestation de travailleurs en instaurant un climat d’intimidation et de terreur, Baha le milliardaire veut aujourd’hui, à quelques jours de l’élection des nouveaux membres du syndicat, placer de nouveaux pions sur l’échiquier d’El-Hadjar pour continuer à « s’enrichir encore plus sur le dos des travailleurs en emportant le moindre petit marché que pourrait lancer Sider El-Hadjar », dénoncent plusieurs sources concordantes proches de ce dossier à Annaba.

Une politique qui lui avait bien réussi jusque-là. Mais ce temps est révolu, à moins d’un nouveau rebondissement. L’homme continue de comploter en vue de faire élire ses protégés, qui sauront par la suite lui être fidèles. Seulement, les choses ne sont pas aussi simples : les travailleurs sont bel et bien déterminés à ne pas céder à son diktat maintenant qu’ils ont libéré leur usine.

Plusieurs sources ont indiqué que le député milliardaire est en train de mobiliser tous les hommes qui lui sont encore fidèles au complexe sidérurgique pour qu’ils tentent de convaincre les autres travailleurs de voter pour les hommes qu’il aura, lui-même, pris le soin de sélectionner.

Ce qui semble d’ores et déjà perdu d’avance, nous dira la même source avant de mettre en garde contre des manipulations. Tliba pourrait convaincre des hommes de rouler pour lui en toute discrétion, tout en faisant semblant de soutenir d’autres candidats afin de pousser les travailleurs à voter pour «ses hommes de l’ombre». Le député, habitué aux manipulations, ne manque pas d’idées machiavéliques et a plus d’un tour dans son sac. Vigilance et prudence sont donc de mise pour les hommes libres de Sider El-Hadjar, s’ils ne veulent pas encore retomber dans le giron de la mafia politico-financière.

Bendjama Mustapha