La Justice vient de faire sa part de travail en condamnant les deux individus arrêtés suite à l’agression d’un enfant subsaharien à une peine de six mois de prison ferme assortie d’une amende. Un troisième individu a, quant à lui, été acquitté.

Ces trois personnes ont participé (à des degrés différents) à l’agression physique d’un enfant subsaharien, au niveau de la station de bus Souidani Boudjemâa  à Annaba. Comble de l’inhumanité, l’un des trois individus, fier de son acte barbare à l’encontre d’un petit garçon d’à peine 8 ans, publia la vidéo de l’agression.

A peine diffusée sur le net, la vidéo a été visionnée plus d’un million de fois, soulevant une vague d’indignation en Algérie et ailleurs dans le monde. Mais la réaction des autorités locales à Annaba ne s’est pas faite attendre. Moins de trois heures après la publication de la vidéo sur Facebook, le wali avait annoncé qu’il avait personnellement saisi la justice. Le premier responsable d’Annaba n’a pas manqué de rappeler, à travers un communiqué largement diffusé, que «tout atteinte à l’intégrité physique ou psychologique d’une personne, sans distinction de son ethnie ou de sa nationalité, fera l’objet de poursuites pénales, conformément aux lois de la République».

Sur le net, les internautes avaient réclamé des peines sévères à l’encontre de l’agresseur qui frappa violemment le jeune réfugié subsaharien, mais aussi contre ses acolytes. Sur la vidéo on voyait l’un d’entre eux (celui qui a été acquitté) pousser l’enfant à aller vers son agresseur pendant que l’autre filmait la scène en s’esclaffant de rire.

Le ministre de l’Intérieur avait, par ailleurs, promis que la loi sera strictement appliquée contre les auteurs de cet acte jugé “ignoble” par plusieurs associations. Le bureau d’Annaba de la Ligue Algérienne des Droits de l’Homme (LADH) –à ne pas confondre avec la LADDH- s’est constitué partie civile dans cette affaire à travers son président, Me. Adel Messaoudi.

La sentence prononcée par le juge était loin d’être à la hauteur des attentes des internautes qui ont condamné l’acte «barbare» et «lâche». Pour les actes de violence à l’encontre de mineurs, la loi requiert des peines de 1 à 5 ans et une amende de 500 à 5.000 dinars. L’article 269 du code pénal stipule que «quiconque, volontairement, fait des blessures ou porte des coups à un mineur de seize ans ou le prive volontairement d’aliments ou de soins au point de compromettre sa santé, ou commet volontairement à son encontre toute autre violence ou voie de fait, à l’exclusion des violences légères, est puni d’un emprisonnement d’un (1) à cinq (5) ans et d’une amende de cinq cents (500) à cinq mille (5.000) DA.»

Le Procureur de la République avait requis 1 an de prison ferme contre les trois individus. Les deux coupables ont bénéficié de circonstances atténuantes car leurs casiers judiciaires étaient vierges avons-nous appris. L’avocat de la partie civile s’était basé lors de son plaidoirie sur l’article 269 du code pénale, l’article 140 du code de la protection de l’enfant ainsi que sur la convention internationale des droits des enfants, ratifiée par l’Algérie et parue au journal officiel n° 91 du 23 décembre 1992.

Bendjama Mustapha