Le déploiement par Djezzy de la nouvelle plateforme Digital Business Support Systems (DBSS) a été présenté par le Directeur Général Mathieu Galvani et le Président exécutif Vincenzo Nesci comme un programme de transformation digitale majeur pour l’entreprise et les abonnés.

Les deux dirigeants s’étaient étalés sur la presse au mois de juillet 2018 en indiquant que la migration vers le DBSS s’est déroulée sans incidents majeurs.

Pourtant de nombreux problèmes liés à l’installation de la plateforme digitale avaient été signalés et enregistrés, tant en interne qu’en externe par les usagers même de l’opérateur mobile, qui ne pouvaient pas avoir accès aux services de rechargements durant plusieurs jours…

La semaine dernière le système était même inaccessible le mercredi et le Jeudi au niveau de toutes les boutiques de Djezzy, et le manque à gagner se chiffre en dizaines de millions de Dinars perdus !


Capture d'écran des ordinateurs au niveau des boutiques Djezzy

Ces expatriés à majorité de nationalité française et grassement payés comme le montre le tableau suivant, n’ont pu jusqu’à présent redresser, comme Algeriepart n’a cessé de le démontrer, les chiffres de l’entreprise en baisses constantes depuis plusieurs années.

Cette inquiétante descente aux enfers avait été dénoncée par le FNI, partenaire de VEON dans Omnium Télécom Algérie (OTA) comme nous l’avions divulgué dans une de nos éditions.

Les responsables de Djezzy ont toujours affirmé que le recours aux expatriés est une solution extrême en cas d’indisponibilité de compétences locales.

Ils expliquent, aux autorités du pays et à l’opinion publique, que le recours aux experts étrangers permettra un transfert de compétences et qu’il est temporaire.  »Il permettra en particulier, d’assurer le déploiement de la 3G et de la 4G à travers le territoire national.’’

En Novembre 2017 sur un site d’information en ligne, Vincezo Nesci avait affirmé :

 » C’est quoi les expats ? Ils sont 13 sur 3000 employés de Djezzy…. 0,43%’’

Vincenzo Nesci Président Exécutif 
à Droite et Mathieu Galvani Directeur 
Général de Djezzy à gauche.

Sur le même média, Mathieu Galvani affirmait pour sa part que :

 » Les contrats des expatriés sont généralement courts, un à deux ans en raison de la complexité de leur mission avec une obligation de transférer son savoir, car derrière un expatrié il y a souvent une ressource locale, qui n’a pas d’expérience à l’internationale et qui prend la suite de cet expatrié.’’

Force est de constater qu’il n’y a apparemment jamais eu de transfert de savoir vers les cadres locaux au sein de l’entreprise Djezzy à majorité publique, puisque ces postes sont restés l’apanage exclusif d’expatriés à quelques très rares exceptions près…

Il faut savoir que le nombre d’employés expatriés s’était établi à 20 personnes en 2015, pour atteindre 25 personnes en 2016, puis ira même jusqu’à atteindre 30 personnes en 2017 selon des informations que nous avons pu récolter.

Selon nos sources, Il est prévu un nombre constant de 20 expatriés entre 2018 et 2020.

A titre d’exemple, le poste de Directeur Général adjoint chargé des affaires juridiques et corporate, est occupé par Mme Sophie Verdejo depuis 2013 !

Sophie Verdejo - Directrice Générale adjoint chargée des affaires juridiques et Corporate.

N’y aurait-il donc aucune compétence juridique en Algérie selon les dirigeants de l’opérateur de téléphonie mobile en Algérie ? Surprenant…

Par ailleurs, la rémunération des expatriés est élevée et représenterait une moyenne de 16% de la masse salariale de l’Entreprise pour les prochaines années avons-nous appris !

Pour rester dans notre exemple, Sophie Verdejo qui est franco-marocaine, percevait en 2015 déjà un salaire brut équivalent à 2.061.694 DA par mois, hors bonus et avantages !

L’ex Directeur Général Adjoint chargé des Finances et de nationalité française était lui rémunéré en brut, à la même période, à hauteur de 4.067.232,951 DA mensuellement !

Nous n’évoquerons même pas la rémunération de l’Ex-Directrice Générale de Djezzy, qui avait un salaire qui dépassait en Brut les 8 millions de DA mensuellement, et qu’elle pouvait doubler en bonus en fin d’année selon sa performance à atteindre les objectifs assignés !

Selon une source interne, la masse salariale des expatriés de Djezzy avait atteint 17,6 % de la masse salariale globale de l’entreprise. Pire encore, en 2017 ce pourcentage était de 18,5 % de la masse salariale globale de l’opérateur OTA !

Sur 3000 employés chez Djezzy, autant dire que l’ensemble de la rémunération des 20 expatriés prévus en 2018 représentera l’équivalent de celle de 555 employés locaux, alors qu’ils sont moins que 0,7 % de l’ensemble des employés ! Est-ce raisonnable ?

 » Dans ces conditions, comment expliquer aux employés locaux de Djezzy que les bonus et rémunérations variables ne pourront pas être versés pour des objectifs non atteints ? ’’ se plaint un cadre questionné.

Des chiffres bien loin des déclarations se voulant apaisantes des responsables étrangers de la société Djezzy, sans que personne au sein du gouvernement n’intervienne pour mettre fin aux dérives de l’entreprise détenue majoritairement par l’Etat ! Etrange…

La suite de notre article sera publiée dans les très prochains jours.