Deux semaines après la répression de la manifestation du mouvement « mouwatana » à Constantine, les autorités récidivent. Elles ont empêché un rassemblement que devait tenir ce groupe politique à Béjaïa. A Ouargla, la police a chargé les manifestants qui réclamaient des investissements publics et de meilleures conditions de vie.

Ainsi, la rentrée sociale commence avec des manifestations de rues. Au mouvement « mouwatana » qui continue de s’opposer publiquement à l’éventualité de voir le chef de l’Etat briguer un 5e mandat successif même si l’adhésion populaire n’est pas là, des régions entières du pays protestent pour réclamer leur droit au développement. C’est le cas à Ouargla où des centaines de manifestants, venus de plusieurs régions sahariennes, ont manifesté, calmement, leur colère. Mais face à cette montée des craintes et des colères des populations, les autorités ne connaissent qu’une seule réponse : la force. Une attitude qui signifie que les pouvoirs publics n’ont pas forcément de réponse à donner à des Algériens inquiets pour le sort de leur pays. Pis encore, le pouvoir a pris peur et la crainte d’une contagion des manifestations est sérieusement envisagée. C’est, d’ailleurs, ce qu’a exprimé récemment le RND, un des partis du pouvoir qui a mis en garde contre cette éventualité.

Rien n’indique que cela va s’arrêter. Parce que si les besoins des citoyens sont toujours énormes, les autorités n’ont plus les moyens de faire face à ces demandes de plus en plus insistantes. Surtout que depuis quelques années, les finances publiques sont devenues quasiment déficitaires et la mamelle des hydrocarbures ne donne plus le même débit qu’il y a quelques années.

Quant aux manifestations de Mouwatana, il est évident que pour garder son agenda intact, le pouvoir se donne tous les moyens. A commencer par violer les lois de la République qui garantissent, pourtant, le droit de manifester pacifiquement !