« Non, il n’y a aucune plainte qui a été déposée par l’écrivain et scénariste syrien Hassan Telemsani contre nous. Et je défie quiconque de nous montrer un seul document qui démontre le contraire ». C’est avec ces termes que la productrice du film Ahmed Bey, Samira Hadj Djilani, a réagi dans une déclaration à Algérie Part à la polémique faisant rage autour de ce film historique en cours de tournage à Alger. 

Pour étayer ses propos et prouver sa bonne foi, Samira Hadj Djilani a remis à Algérie Part un document exclusif dans lequel le scénariste syrien Hassan Telemsani se désiste de ses droits de propriété au profit de la Sarl Espace Rencontre, l’agence de production détenue par Samira Hadj Djilani. Ainsi, ce document, explique notre interlocutrice, dément toutes les informations propagées sur les réseaux sociaux et affirmant que le scénariste syrien a été volé et arnaqué. « Hassan Telesmsani n’a plus aucun droit sur le scénario du film Ahmed Bey et ce document le prouve », atteste encore Samira Hadj Djilani.

Ce deal a été conclu avec le scénariste syrien suite à la demande de la commission de lecture et d’évaluation financière du Fonds de développement de l’art, de la technique et de l’industrie cinématographiques (Fdatic). Cette commission a réclamé de nombreux changements au niveau du scénario dans le but de favoriser certains épisodes historiques en renforçant l’épaisseur du personnage d’Ahmed Bey. Pour satisfaire les exigences de la commission du FDATIC, Samira Hadj Djilani a recouru aux services du scénariste algérien Rabah Drif. Ce dernier a réécrit entièrement le scénario original pondu par le syrien Hassan Telemsani en prenant en compte les remarques consignées dans ce document par la commission du FDATIC.  

Mais le film Ahmed Bey a-t-il bénéficié réellement d’un traitement de faveur de la part du ministère de la culture en raison des relations privilégiées qu’entretient la productrice de ce film historique avec Azzedine Mihoubi, le ministre de la Culture ? Samira Hadj Djilani réfute catégoriquement ces accusations et qualifient ces rumeurs « d’intox ».

La productrice algérienne reconnaît, certes, qu’elle entretient de bonnes relations avec le ministre de la Culture. Mais elle dément tout « traitement de faveur à son égard ». Selon ses déclarations à Algérie Part, les financements accordés par le ministère de la Culture au film « Ahmed Bey » ne sont guère excessifs par rapport à d’autres précédentes productions audiovisuelles qui ont bénéficié d’un budget nettement supérieur.

« Des films avec 90% de décors internes ont bénéficié de budgets trois fois supérieurs à celui d’Ahmed Bey », assure Samira Hadj Djilani selon laquelle le FDATIC a donné 200 millions de Da pour le tournage de ce film historique. L’Office national des droits d’auteur et des droits voisins (ONDA), a versé, quant à lui, 100 millions de Da. Et Sonatrach a complété ce financement en débloquant une somme de 10 millions de Da.

Selon notre interlocutrice, tout cet argent a servi au financement de la réalisation des décors construits à Alger et des costumes traditionnels ou historiques. Des accessoires et beaucoup de décors internes et externes pour refléter les grandes batailles de cette période complexe de l’histoire de l’Algérie ont été également acquis par la production grâce à ce budget. « Nous utilisons de grands moyens matériels et les toutes dernières technologies pour réaliser un grand film historique », argue enfin Samira Hadj Djilani pour répondre à tous ces détracteurs. Notons en dernier lieu que le ministère de la Culture n’a fourni, quant à lui, aucune explication concernant les conditions de financement du film « Ahmed Bey ». Un film qui fait d’ores et déjà le buzz avant même la fin de son tournage…