C’est un secret que peu de personnes osent révéler. Kamel Chikhi, alias le « Boucher », le principal suspect dans la dite affaire de la cocaïne du Port d’Oran, fut l’un des businessmans les plus choyés par les opposants islamistes du MSP. Algérie Part a appris au cours de ses investigations que la formation politique dirigée par  Abderrazak Mokri a grandement participé à l’ascension fulgurante de « Kamel le Boucher ». 

Le milliardaire originaire de Lakhdaria fut un sympathisant confirmé du MSP. Le richissime oligarque avait fréquenté de nombreux dirigeants de ce parti islamiste et a participé à plusieurs « mariages » des familles des cadres les plus influents de ce parti. Mieux encore, Kamel Chikhi fut l’ami de Mustapha Benbada, qui fut ministre de la petite et moyenne entreprise et de l’artisanat de 2002 jusqu’à mai 2010 et, plus tard, ministre du commerce de 2010 jusqu’à 2014.

C’est justement Mustapha Benbada qui a présenté « Kamel le Boucher » au fameux général Mokdad Benziane, l’ancien directeur des personnels du ministère de la Défense nationale qui a été récemment limogé dans le sillage de l’affaire de la cocaïne du Port d’Oran. Selon nos investigations, c’est à l’occasion d’une cérémonie de mariage que Mustapha Benbada aurait présenté « Kamel le Boucher » au général Mokdad. Et depuis ce moment-là, le milliardaire a commencé à tisser sa toile d’araignée au sein du ministère de la Défense Nationale allant jusqu’à nouer une relation troublante avec l’autre puissant général de ce ministère stratégique, à savoir le général-major Boudjemaâ Boudouaour, l’ancien responsable de la direction financière du ministère de la Défense Nationale.

C’est ce général qui avait délivré et octroyé de nombreux marchés à Kamel Chikhi comme la fourniture des casernes en viandes surgelées importées depuis le Brésil. Grâce à de nombreux contrats avec le ministère de la Défense Nationale, « Kamel le Boucher » a commencé à s’imposer petit à petit dans le BTP et la promotion immobilière devenant ainsi un richissime homme d’affaires dont la fortune est estimée, selon nos investigations, à prés de 400 millions de dollars.

En parallèle, Kamel Chikhi continuait de bénéficier des largesses de son « ami » Mustapha Benbada qui ne lui refusait aucun « service » lorsqu’il régnait au ministère du Commerce. A aucun moment, Abderrazak Mokri, ou un autre haut responsable du MSP, n’est intervenu pour mettre un terme à ces « liaisons dangereuses » avec le controversé oligarque qui finira par se retrouver au coeur du plus gros scandale de drogue de toute l’histoire de l’Algérie.

Les islamistes du MSP, des habitués des discours moralisateurs, ont donc joué un rôle troublant dans la success story douteuse et troublante de « Kamel Le Bocher ». Aujourd’hui, ne devrait-il pas fournir des explications ?

Algérie Part poursuit ses investigations et reviendra sur ce dossier avec de nouvelles révélations.