Le PDG du complexe d’El-Hadjar, Maâtallah Chamseddine, est rentré jeudi d’Alger dans un contexte tendu.

Le complexe est miné par une guéguerre interne qui le mène vers la faillite. Pour redresser la barre et sauver l’entreprise industrielle la plus importante de la wilaya d’Annaba qui emploie près de 5.000 travailleurs, le PDG a dû opérer, avec la bénédiction de la tutelle, le ministère de l’Industrie, une véritable purge au sommet de la société qu’il gère depuis 4 mois.

Dès son retour à Annaba, le PDG du complexe d’El-Hadjar a annoncé les décisions de limogeages de plusieurs hauts responsables du complexe sidérurgique, avons-nous appris de sources proches du dossier. Ainsi, le directeur des ressources humaines, Aalet Djamel, la directrice de la communication (ex-directrice d’Algérie télécom Annaba), Mme Boumahra Amel, ainsi que le directeur de la sûreté industrielle et le chef du département de sûreté industrielle ont été remerciés avant-hier.

Concernant la décision de résiliation du contrat entre Aalet et Sider El-Hadjar, dont nous détenons une copie, il est fait état de : «manquements aux obligations professionnelles ; gestion anarchique des fonctions de la DRH ; non-maîtrise des opérations de recrutement et augmentation injustifiée des salaires». Les mêmes griefs ont été retenus contre Araidj Youcef, directeur de la sûreté industrielle, dont le contrat a été résilié pour : «manquement aux obligations professionnelles ; résultat non satisfaisants en matière de sécurité ; négligence et non-assistance aux équipes lors de l’incident survenu au HF (incendie chemin de câbles HF) ; non information dans les délais du service juridique de l’Entreprise et de la gendarmerie nationale dans les situations graves.

M. Benamara Abdenacer, chef du département de sûreté industrielle, a quant à lui, été suspendu de ses fonctions pour manquement grave à ses obligations professionnelles. Ces décisions sont intervenues en même temps que l’annonce du remplacement du PDG du groupe Imétal par Bousslama Tarek, ex DG de Translob.

Des limogeages qui s’apparentent à une véritable purge dans le contexte actuel. Une purge menée contre le clan Tliba, a-t-on appris auprès de plusieurs sources concordantes.

Nous avons, par ailleurs, appris que les syndicalistes dont le mandat a expiré en 2016 avaient perdu les avantages qu’ils avaient. Ainsi, les véhicules de service mis à leur disposition et les puces téléphoniques leur ont été définitivement enlevés. Des instructions fermes ont été données pour leur interdire l’accès au complexe sidérurgique ce week-end. Le but étant, selon les mêmes sources, d’organiser à partir de dimanche une assemblée générale des travailleurs du complexe industriel en vue de procéder au retrait de confiance au «syndicat de Tliba» et d’en élire un nouveau. Le député milliardaire aurait, d’après les mêmes sources, placé ses hommes à la tête du syndicat avec la complicité de l’ex-secrétaire de wilaya Tayeb Hmarnia, avant de peser de tout son poids pour recruter au niveau des postes clés du complexe ses «hommes de main».

Le nouvel homme fort du complexe, Maâtallah Chamseddine, s’est montré plus malin que ses adversaires. Mais il faudra encore attendre avant de vendre la peau de l’ours.

Par Bendjama Mustapha