L’une des plus belles voix algériennes s’éteint à jamais. Rachid Taha, un infatigable ambassadeur de la chanson algérienne dans le monde est parti, dans la nuit de mardi à mercredi, à l’âge de 59 ans. L’homme à la voix forte et à l’âme qui aimait la vie autant que son pays malgré un long exil, a eu une mort douce, lui qui a repris, il y a une trentaine d’années, la chanson culte « ma douce France » avec des sonorités orientales.

Très discret malgré une notoriété internationale jamais démentie, Rachid Taha incarnait surtout cette voix qui savait transgresser les règles établies : du chaabi, presque finissant, il en a fait des tubes planétaires. Des longues chansons de Oum-Keltoum et de Farid El-Atrèche, il en a fait des chefs d’œuvre ou la musique classique se mêlent au rock, le genre qui a fait connaître le chanteur disparu au monde entier.

Natif de Sig en 1959, dans la wilaya de Mascara, Rachid Taha a quitté l’Algérie à l’âge de 10 ans. Installé en France, le jeune Rachid n’a jamais oublié son pays. Malgré une notoriété qui l’a mené aux quatre coins du monde depuis les années 80, Rachid Taha a toujours affiché son algérianité. Cela a commencé par des reprises de chansons du répertoire de la musique classique algérienne, notamment ses idoles de jeunesse à savoir Blaoui El-Houari ou encore Ahmed Wahbi. Il a également repris, avec brio, des tubes de grands chanteurs égyptiens tels que Abdelhalim Hafez, Oum-Keltoum ou Farid El-Atrach. Il créé un groupe « carte de Séjour » qui fait un carton en France et dans toute l’Europe.

Son groupe séparé, Rachid Taha a entamé, dans une les années 1990, une carrière en solo. Il se fait connaître par la reprise de l’emblématique « Ya Rayeh », de Dahmane El-Harrachi. L’opus devient un tube dans le monde entier et la chanson, chantée par le regrettée El-Harrachi dans les années 1970, traverse toutes les frontières. Au même titre d’ailleurs que El-Menfi, chant d’exilés algériens de Nouvelle-Calédonie, révélé au public algérien par l’illustre Ali Yahiatène dans les années 1950. En 1989, Rachid Taha fait du nouveau parler de lui lors d’un trio magique, 1,2,3 soleil, composé avec Faudel et Cheb Khaled.

Malgré la maladie, puisque Rachid Taha souffrait de de la maladie de d’Arnold Chiari contractée à cause du mariage consanguin de ses parents, le chanteur a continué à produire. Son prochain album est déjà prêt…pour 2019. Repose en paix l’artiste !