J’ai récemment été informé de la parution d’un article sur les propos de M. Chakib Khelil sur la langue française sur votre site, fin août. J’ai donc souhaité vous écrire afin de réagir non pas à votre article, mais aux propos tenus par cette personnalité politique, et ce, en exprimant mon vif étonnement.

En effet, si l’on observe bien les choses, et en dehors de toute propagande (et notamment de certains pays anglophones qui sont extrêmement forts en communication, quitte à faire passe un pays en crise en pays prospère…), la réalité ne correspond pas vraiment à cela.

Ainsi, et pour le démontrer, je me contenterais simplement de vous indiquer les liens vers trois de mes articles récents qui contredisent clairement certaines idées reçues : L’Afrique subsaharienne francophone demeure le moteur de la croissance africaine  (08/02/2018) que vous pouvez lire sur ces liens : https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-178989-lafrique-subsaharienne-francophone-demeure-le-moteur-de-la-croissance-africaine-2151997.php  et  https://www.cermf.org/afrique-francophone-demeure-moteur-croissance-africaine-2017.

Cet article (dont deux lignes concernent l’Algérie dans la version longue) a été retweeté dès le lendemain par Mokhtar Diop, vice-président de la banque mondiale pour l’Afrique. Ce qui est une chose rare, et qui prouve l’exactitude de informations contenues dans l’article. Je vous invite également à consulter les publications concernant la  Semaine de la langue française : sept mots québécois à retenir… et à utiliser (19/03/2018). Elles sont facilement consultables sur : https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-180475-semaine-de-la-langue-francaise-sept-mots-quebecois-a-retenir-et-a-utiliser-2162279.php et https://www.cermf.org/sept-mots-quebecois-a-retenir-et-a-utiliser

Cet article traite d’une question linguistique, mais les premiers paragraphes rappellent avec des données chiffrées la puissance économique du Québec, sans lequel la Canada serait un pays quelconque. “La Tunisie meilleure en anglais que huit ex-colonies britanniques (novembre 2017)” est également une publication qu’il faudrait lire et prendre en considération. 

Cet article démontre qu’être un pays francophone n’empêche nullement d’avoir un bon niveau en anglais. D’ailleurs, et comme l’indique cet autre article  « La Tunisie est le pays qui maîtrise le mieux l’anglais dans le monde arabe, la Tunisie arrive également en tête des pays arabes pour ce qui est du niveau en anglais global de sa population, et le Maroc arrive en troisième position. La francophonie algérienne n’est donc pas à l’origine du mauvais classement du pays.

Enfin, et plus globalement, je pense que les Algériens doivent apprendre à être fiers de leur pays, et notamment de ses performances économiques. Même s’il reste encore beaucoup à faire, l’Algérie est tout même le pays arabe et africain à avoir le mieux résisté ces dernières années, parmi les pays pétroliers, à la chute des cours du pétrole. L’Algérie a de gros progrès à faire en matière de communication, pour se mettre au même niveau que ses voisins du Maghreb en la matière… et également au même niveau que les pays anglophones.

Bien cordialement

Ilyes Zouari, Président du CERMF (Centre d’étude et de réflexion sur le monde francophone), Spécialiste du monde francophone, conférencier.