Pour empêcher une manifestation que devait organiser le mouvement d’opposition « mouwatana » à Constantine, les autorités locales ont fait recours à un stratagème étonnant. Elles ont installé, dés les premières heures de la matinée, des camions poubelles et des bennes tasseuses dans les coins stratégiques de la ville de Constantine. L’idée des autorités était très simple : occuper le parcours que devaient emprunter les cadres et militants du mouvement politique engagé contre le futur 5e mandat d’Abdelaziz Bouteflika. 

En parallèle la porte-parole du mouvement, Zoubida Assoul, a été « cueillie » à sa sortie du domicile d’un proche dans lequel elle a passé la nuit. Elle n’a même pas eu le temps de rejoindre le lieu de rassemblement. Pendant ce temps, Salah Debouz et Sofiane Djilali ont été empêchés de quitter l’hôtel Ibis dans lequel ils ont passé la nuit. « Nous n’avons pas pu quitter l’hôtel, puisque des dizaines de policiers en civil et en tenue ont encerclé les lieux », témoigne l‘avocat Salah Debouz.

De son côté, le président du parti non agréé Nidaa El Watan, Ali Benouari, a été interpellé en ville, tandis que Amira Bouraoui, venue d’Alger, a été bonnement empêchée d’entrer dans la ville des ponts suspendus. Elle a été « prise » en chasse par une voiture de police avant d’être interpellée à l’entrée de la ville.  Plus tard, dans la journée, tout le monde a été relâché. Mais les autorités ont réussi l’exploit d’avorter une manifestation politique organisée par le seul mouvement d’opposition qui tente d’occuper le terrain en Algérie.

Pourtant, les autorités ont répété à chaque occasion que les manifestations sont autorisées partout sauf à Alger. Ce n’est qu’un mensonge. Et la preuve est donc donnée cette fois-ci !