Votre Excellence, Monsieur le Ministre et Cher Confrère,

Eid Moubarak, Nous souffrons de l’injustice, de la corruption, de l’arbitraire, des monopoles, des passe-droits et de l’impunité. Tout cela nous mine, nous tire vers le bas et surtout attise la colère d’Allah sur nous.

Pour éviter tous ces dysfonctionnements, notre bien aimé le Prophète Mohammed (que la
paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) nous a pourtant indiqué des directives claires et explicites lors du sermon de Khotbat Al-wada’a (https://goo.gl/6eeqQ4). Dans son message à l’occasion du 20 août 2018, le Président de la République a été intransigeant (https://goo.gl/XqLivK). Il invite tous les Algériens à lutter contre tous les fléaux
qui gangrènent notre société.

Nous nous inscrivons dans la ligne rappelée par notre Président, et souhaitons avec vous
éviter autant que possible les épisodes d’arbitraire administratif et d’abus de pouvoir qui font souffrir beaucoup de simples citoyens comme nous. Ce que subit MEDSANTE depuis 2009 est une démonstration évidente de ces faits d’arbitraire et d’abus de pouvoir (www.plus-de-details.com). Cela semble avoir coïncidé avec notre dénonciation du monopole concernant l’importation du consommable d’hémodialyse (https://goo.gl/U3XCkB).

Je me dois de m’adresser à vous, car nous ne comprenons pas cette situation insolite et
totalement incompréhensible qui nous empêche de faire notre travail (honorer nos différents engagements et reconstituer notre stock de sécurité), nous affaiblit face à nos concurrents et altère notre image et celle de notre pays auprès de nos partenaires, clients et fournisseurs.

MEDSANTE est une petite société avec des salariés et des charges à payer. Elle ne pourra
pas résister longtemps à cet étranglement. Entre le 4 juillet, date de la dernière réunion avec les cadres de la Direction de la Pharmacie, et le 15 août, les responsables de MEDSANTE ont dû revenir au Ministère sept fois à la demande de la Direction ! Il nous était dit à chaque fois, que c’était pour récupérer les PPI 2018 restants. Nos collègues viennent à chaque fois de Tlemcen et repartent bredouilles.

Nous sommes fin-août 2018, toutes les réserves ont été levées lors des réunions en date du 11, 12 et 13 juin puis du 4 juillet 2018 et pourtant nous n’avons pas la totalité de nos PPI 2018.Nous ne comprenons pas les blocages et les tergiversations de notre administration de tutelle.

Nous vous prions d’intervenir pour délivrer MEDSANTE de ces blocages qui ont des
répercussions graves non seulement pour notre petite société mais aussi pour des dizaines
de malades en attente de dispositifs médicaux parfois vitaux. A titre d’exemple, MEDSANTE doit livrer rapidement à plusieurs centres des prothèses vasculaires JOTEC. Des patients attendent. Certains d’entre eux risquent, à cause de ces retards, de faire des complications redoutables.

Je me permets de vous faire part de quelques détails utiles :

Le Dr Kadri a, en présence du Dr Benayad-Chérif et celle du Dr Benmakhlouf, vérifié et
validé tous les documents remis lors de ces dernières réunions du 11, 12 et 13 juin puis du 4 juillet. Lors de notre réunion du 4 juillet, aucune remarque ou réserve ne nous a été formulée à propos des documents remis le 11, 12 et 13 juin 2018. Aucune remarque ou réserve supplémentaire ne nous ont été, non plus, notifiées lors de nos passages ultérieurs en date du :

– 19 juillet 2018
– 23 juillet 2018
– 25 juillet 2018
– 30 juillet 2018
– 09 août 2018
– 13 août 2018

A la fin de la réunion du 4 juillet 2018, on a promis de nous remettre les PPI 2018 restants
sous quinze jours pour les produits suivants :

– MEDOS
– QUALIMED
– IMEDICAL (le tableau des implants oculaires)
– SP MEDICAL
– MINVASYS (le tableau manquant)
– ANDOCOR
– JOTEC
– PENUMBRA (les 4 tableaux manquants)
– PAKUMED
– LABCOR

Nous n’arrivons pas à comprendre pourquoi nous demander des documents qui ont déjà été remis et pourquoi avoir attendu le 15 aout 2018 pour nous le notifier alors que nous
sommes venus six fois rencontrer le même département entre le 4 juillet et le 15 août ?

Lors de chacun de ces passages, Il nous a été dit que les PPI 2018 restants étaient sur le bureau du chef de département pour signature. A titre d’exemple, on nous demande de redéposer les documents (ci-joints attachés) qui ont déjà été déposés en novembre 2017, puis redéposés en juin-juillet 2018 ?!

Vous comprendrez que nous avons du mal à comprendre ces tergiversations. Nous
espérons que cela n’est ni en rapport avec les publications récentes sur Algerie Part
rappelées ci-dessous, ni avec nos dénonciations régulières des différents monopoles dont
celui concernant le consommable d’hémodialyse. Nous avons constaté que certains
concurrents ne passent pas par les mêmes épisodes de blocages et retards répétitifs. Ils ont obtenu, comme chaque année, leurs PPI très tôt.

Ces dénonciations citoyennes se veulent être constructives pour alléger les souffrances des
concitoyens concernés. Ces mêmes sujets sont aussi dénoncés par plusieurs journalistes
d’investigation et des associations de défense des malades et des consommateurs.

Pourquoi subissons-nous ces reports et ces traitements injustes ?

Votre Excellence, Monsieur le Ministre et Cher Confrère, nous sommes très affectés, très
tristes et surtout très déçus par ces multiples entraves. Nous avons effectué en 2018
plusieurs dizaines de déplacements (Aller/Retour – Tlemcen/Alger). Vous savez bien que
cela est coûteux et laborieux.

Notre tutelle nous donne l’impression que tout cela est fait en vain !
Pourquoi sommes-nous ainsi malmenés par notre administration, alors qu’elle est censée
nous servir et faciliter notre tâche en sachant que nous œuvrons dans le strict respect de la
réglementation ?

Force est de constater que la procédure des PPI est source de beaucoup de problèmes et
d’humiliations (http://urlz.fr/7uVR). Ce que subit MEDSANTE en est la preuve tangible.

 

Notre image et notre crédibilité sont mises à mal vis-à-vis de nos fournisseurs étrangers avec le risque de les voir rompre leurs relations commerciales avec nous.

Nous avons déjà perdu, à cause de ces entraves, trois partenaires étrangers qui n’ont pas
compris pourquoi la Direction de la Pharmacie leur demande d’homologuer leurs produits
(qui sont déjà homologués dans le pays d’origine) au lieu de les enregistrer comme cela est
fait dans tous les autres pays. Ils ne comprennent pas pourquoi leurs dossiers n’ont pas été
encore déposés alors qu’ils ont payé les taxes (300.000,00 DA par gamme) et fourni les
dossiers en 2016 & 2017 !

Les patients Algériens ont donc été privés de trois gammes de produits ‘haut de gamme’ qui étaient de surcroît proposés à des prix très raisonnables. La concurrence se retrouve ainsi artificiellement réduite dans notre pays ! Cela va à l’encontre de la politique économique de notre gouvernement.

A qui profite et à quoi rime tous ces blocages incompréhensibles, sinon de paralyser encore
plus notre système de santé ?

Nous constatons que :

– Les rendez-vous de dépôt des dossiers d’enregistrement (nommé à tort homologation)
sont très espacés.

– Une seule personne (sous la responsabilité d’un chef de bureau) est en charge des
dispositifs médicaux.

– La réception est limitée à deux jours par semaine.

– Une seule gamme est traitée par rendez-vous.

 

A cette façon de faire et ces modalités, MEDSANTE aura besoin de 4 à 5 ans pour déposer
tous ses dossiers (qui lui ont été fourni par les fabricants en 2016 & 2017 alors que les taxes dont le montant s’élève à plus de 6 millions de DA ont déjà été payées).

Ainsi, à la date future du jour du dépôt, beaucoup de documents ne seront ainsi plus valides. Les dossiers seront donc rejetés et le cercle vicieux recommence ! Tout cela va nous causer beaucoup de préjudices et de dépenses inutiles, et surtout in-fine altérer l’image de notre Pays.

Pour matérialiser cette lenteur administrative, voici ci-dessous les dates des RDV de dépôt
accordés à MEDSANTE :

– 2 octobre 2017 : dépôt du dossier ON-X
– 27 décembre 2017 : dépôt du dossier CID
– 19 mars 2018 : dépôt du dossier NUMED

11 juin 2018 : dépôt du dossier TORAY refusé à cause d’une simple erreur au niveau
de la quittance de paiement de la taxe d’homologation de 300.000,00 DA. Cette petite
anomalie a été corrigée le lendemain par le Trésor de la commune d’El Madania mais
le dossier n’a pas été accepté le 13 juin 2018 alors que toutes les pièces ont été
vérifiées le 11 juin 2018 ! Nous avons donc perdu un temps précieux pour rien !

– 13 juin 2018 : dépôt du dossier PENUMBRA
Alors que tous ces dossiers auraient pu être déposés en une seule demi-journée !

Le dépôt des dossiers restants ne demandera qu’une ou deux demi-journées,
Malheureusement, nous allons souffrir durant 2 ou 3 autres années si ce n’est plus.
Quel gâchis !

– Le prochain RDV nous a été fixé au 24 septembre 2018

– Nous avons demandé un calendrier avec les RDV pour le reste des dossiers.
Malheureusement, cela nous a été refusé.

– Ainsi, il nous est impossible de nous organiser pour les mois à venir, ou de donner des
réponses avec des dates précises à nos partenaires qui ne comprennent pas cette
lenteur étouffante.

D’autre part, le dossier réclamé par l’ANPP est lourd et complexe, alors qu’il s’agit d’une
simple procédure d’enregistrement. Cela a beaucoup étonné nos partenaires dont les
produits sont homologués dans le pays d’origine et enregistrés dans plusieurs dizaines de
pays dans le monde.

Nous ne comprenons pas les raisons de telles complexités et lourdeurs qui nuisent
lourdement aux intérêts de notre Pays surtout qu’elles ne produisent pas du tout les effets
escomptés.

Votre Excellence, Monsieur le Ministre et Cher Confrère, notre Pays est en retard dans le
domaine de la simulation médicale (https://goo.gl/1yE45P). Les nouvelles techniques
novatrices en réanimation médicale et en neuroradiologie interventionnelle sont encore à
l’étape embryonnaire chez nous. De nombreux experts ne comprennent pas cela. L’Algérie
avec tous ses atouts devrait être le leader et l’exemple à suivre.

Votre Excellence, Monsieur le Ministre et Cher Confrère, plusieurs dizaines d’enfants atteints de cardiopathies congénitales complexes attendent depuis longtemps les tubes valvés pulmonaires. Pourquoi la Direction de la pharmacie refuse-t-elle de remettre le PPI à
MEDSANTE depuis 2015 alors qu’elle nous a délivré les PPI en 2010,2011, 2012, 2013 et en 2014 (https://goo.gl/6qptbn) ? Ci-joints les deux bons de commande urgents pour étayer mes propos.

Votre Excellence, Monsieur le Ministre et Cher Confrère, MEDSANTE dénonce le monopole
concernant le consommable d’hémodialyse depuis 2009 (https://goo.gl/ktAAAR). Ce
monopole limité initialement à la membrane d’hémodialyse (dialyseur capillaire) s’est
étendu :

à tout le consommable de l’hémodialyse puisque la quasi-totalité des appels d’offres
regroupent tout le consommable d’hémodialyse en un seul et unique lot qui est
forcément attribué au soumissionnaire pouvant proposer la membrane d’hémodialyse
(qui est théoriquement interdite à l’importation, JO 2009 et JO 2015)

– et aux machines d’hémodialyse (aucun centre ne peut acheter les machines, même si
elles sont moitié moins chères, si le fournisseur ne propose pas les membranes
d’hémodialyse) ainsi qu’aux autres membranes de dialyse utilisées en réanimation et
en chirurgie cardiaque.

Pourquoi ce monopole (qui est contraire à tous les principes fondateurs de notre Pays) n’a
pas été aboli ? Pourquoi aucune enquête réglementaire n’a été lancée pour savoir comment
la membrane d’hémodialyse (qui n’est pas fabriquée en Algérie et qui importée en produit fini et stérile) s’est retrouvée dans la liste des médicaments fabriqués en Algérie et de facto
interdits à l’importation pour protéger à juste titre la production nationale ?

Pourquoi aucune enquête n’a été diligentée pour savoir comment ces 3 ou 4 millions de
membranes d’hémodialyse franchissent la barrière douanière (puisqu’elles sont interdites à
l’importation) et avec quelle déclaration et quel statut ?

Votre Excellence, Monsieur le Ministre et Cher Confrère, les procédures d’achat de
prescription (financées par la surfacturation lors des appels d’offres truqués) sont devenues
monnaie courante chez nous. Elles font perdre à l’état la moitié du budget alloué aux
fonctionnement des hôpitaux. Elles causent indirectement des pénuries et empêchent
l’introduction des produits indispensables si l’opérateur économique concerné ne se plie pas
au dictat de groupes corrompus qui ne pensent qu’à leurs propres intérêts. Celui du patient
et /ou de l’hôpital n’ont aucune importance à leurs yeux !

Les mesures pour guérir ce mal existent (interdiction des achats de prescription /
transparence des liens/ appels d’offres par lignes -et non pas par lots- avec une désignation neutre des produits/ tarifs de référence pour les implants…etc). Il suffit de les appliquer !

Votre Excellence, Monsieur le Ministre et Cher Confrère, il serait souhaitable de décharger
les médecins des appels d’offres afin qu’ils puissent se consacrer à leurs missions
fondamentales, soigner et enseigner. Un organisme indépendant comme l’AGEPS, en
France peut gérer l’approvisionnement des hôpitaux publics avec une structure
administrative et des verrous de contrôle impossibles à franchir. Un rempart nécessaire pour se prémunir de la corruption, cette hydre vorace qui détruit notre société et fait s’abattre sur nous la colère d’Allah.

Votre Excellence, Monsieur le Ministre et Cher Confrère, trouvez-vous normal que certains
hôpitaux publics privent les patients de la valve cardiaque ON-X et achètent d’autres valves
n’ayant pas les mêmes atouts à des prix plus chers ? L’appel d’offres 2017 (lot n°2) du
CNMS en est un exemple parlant. L’écart en faveur de MEDSANTE sur ce seul lot était de
10.322.300, 00 DA (https://goo.gl/r9evtx). Encore plus étonnant, la commission sectorielle
des marchés publics ainsi que les autres instances de contrôle de la concurrence
concernées n’ont même pas daigné réagir à notre lettre de recours (https://goo.gl/X66bPL) !

 

Restant à votre disposition pour toute information complémentaire et comptant sur votre
compréhension et votre action, je vous prie de croire, Votre Excellence, Monsieur le Ministre et Cher Confrère, en l’assurance de ma considération distinguée.