L’opérateur de téléphonie mobile Djezzy ne cesse de voir ses revenus chuter comme nous l’avons affirmé dans nos nombreuses publications et ce malgré le fait que le management de Djezzy soit composé essentiellement d’expatriés français, que cela soit à la tête de la Direction Générale, La direction juridique, la Direction des ressources Humaines, de la Stratégie, de la communication, du Marketing, la Direction des Finances…

Des cadres étrangers à la tête des véritables chaines de décisions de l’entreprise de droit algérien, détenue à 51% par l’Etat algérien à travers le Fond National d’Investissement (FNI).

Vincenzo Nesci, président exécutif de Optimum Télécom Algérie (OTA), avait été, malgré sa médiocre gestion, reconduit pour un nouveau mandat de trois ans, après une décision du Conseil d’administration, réuni le 21 juin 2017 à Alger, lui qui aurait, selon des indiscrétions, annoncé de manière restreinte son départ pour la fin de l’année 2018.

Algeriepart n’a cessé d’apporter les preuves documentées de la mauvaise gestion de ce manager depuis plusieurs années, nos assertions avaient toujours été confirmées par les publications de la maison mère VEON.

La fuite en avant des responsables d’OTA les a même poussés à faire des déclarations médiatisées bien loin de la réalité et pourtant soutenues sans failles par une certaine presse soumise au diktat de la publicité.

Des déclarations aussi incomplètes qu’inexactes.

Mathieu Galvani qui avait été installé à la fin du mois de Janvier 2017 en qualité de Directeur Général, avait déclaré en conférence de presse, l’ouverture systématique de nouvelles boutiques ce qui se serait, a-t-il ajouté, répercuté sur les résultats commerciaux. Lesquels ? A-t-il omis sciemment de parler de procédures de fermetures de boutiques pour réduire les charges de l’entreprise, comme celle installée dans les locaux appartenant à l’épouse d’un Premier Ministre algérien !

Le déploiement de la plateforme digitale, aurait été un succès pour les responsables de Djezzy.

Pourtant de sources sûres, nous savons appris que les problèmes techniques empêchent encore aujourd’hui la collecte et la consolidation des chiffres et résultats en interne, sous l’œil pourtant attentif de Kamel Mahfoudhi, responsable informatique du FNI, réputé proche de Vincenzo Nesci ou d’Ahmed Alileche représentant du FNI et qui occupe également le poste de vice-président d’OTA.

En Novembre 2017, le couple Mathieu Galvani et Vincenzo Nesci se livreront à un journal, ce dernier a même osé déclarer : ” Je considère le fait d’avoir le Fonds National d’Investissement dans le cadre de la règle 51/ 49 comme véritablement un plus pour Djezzy. Nous avons un partenaire qui s’est approprié le projet Djezzy le lendemain de la mise en vigueur de nos accords. Depuis, nous partageons la même vision et nous avons une force remarquable derrière nous qui est celle d’un organisme d’Etat. Un associé qui a besoin que nous soyons profitables pour augmenter sa contribution au développement de l’économie algérienne’’

Plus récemment, lors d’une conférence de presse fin février 2018 concernant la transformation technologique en cours de Djezzy, le DG a mis en relief l’important apport et le soutien du Fonds National d’investissement (FNI), ainsi que l’expertise de VEON, l’un des plus importants groupes de télécommunications dans le monde.

Un document inquiétant

Algeriepart a pu obtenir des documents qui vont à l’encontre de ce satisfecit de façade entretenu par Vincenzo Nesci, Mathieu Galvani et le FNI.

En effet le 28 Aout 2018, le FNI a transmis une lettre au Secrétaire Général du Ministère des Finances, dont l’objet était d’alerter les hautes autorités financières du pays sur la situation de l’emprunt obligataire de 160 Milliards de DA, contracté par le Fonds National d’Investissement, pour le financement de l’acquisition de 51 % des parts de Djezzy en Novembre 2014.

Cet emprunt, y apprend-t-on, induit une charge de 7,4 Milliards de Dinars annuellement ! Cela représentera à la fin de cette année 2018 en cumul, une somme de près de 30 milliards de DA payés par l’état algérien en intérêts financiers.

L’emprunt obligataire de 160 Milliards de DA devrait, selon les termes du contrat financier, être totalement remboursé en Novembre 2024.

Le FNI aura ainsi payé pour le service de cette dette près de 74 Milliards de DA auquel il devra rajouter les 160 Milliards de l’emprunt, soit la somme colossale de 234 Milliards de DA !

Il reste Aujourd’hui 7 échéances d’intérêts sur l’emprunt obligataire soit la somme de 51 Milliards de DA à rembourser en 2024.

Pour la seule l’année 2024, le FNI aura à rembourser les 160 Milliards de DA empruntés en plus des 7,4 Milliards de DA d’intérêts annuels !

Un chiffre alarmant et qui a suscité l’inquiétude de nombreux financiers, car ce montant est bien supérieur au capital même du Fonds National d’Investissement.

L’acquisition de Djezzy par l’Etat, une bonne affaire?

” La baisse drastique des revenus de Djezzy et la médiocrité de son management risquent de rendre déficitaire l’opérateur de téléphonie mobile et compromettre la pérennité du Fonds lui-même, ce qui représenterait une catastrophe pour l’Etat algérien. Un seul client du Fonds qui pèse, en terme de dette, plus que le capital de ce même fonds est un non-sens économique et financier ’’ nous déclare un financier-fiscaliste que nous avons pris soin de consulter.

En effet, dans le second document signé par le Directeur Général du FNI : Mr HADDAD et que nous mettons à votre disposition, le FNI, confirme nos nombreuses publications sur la baisse continuelle des résultats nets de Djezzy, qui passent de 50 Milliards de DA en 2013 à 22,17 Milliards de DA en 2017…

A l’heure où on demande à tous les algériens de se serrer la ceinture et aux opérateurs économiques de créer de la richesse, OTA s’inscrit à contre sens de toutes les recommandations du gouvernement au risque d’ébranler la santé financière de notre pays.

Algeriepart reviendra sur la gestion de Djezzy dans une très prochaine édition.