C’est tout simplement de la poudre aux yeux. Le fameux méga-projet agricole américain à El Bayadh qui a été présenté en 2016 aux Algériens comme la solution à la dépendance alimentaire vis-à-vis de l’étranger est finalement qu’une fumisterie, a découvert Algérie Part au cours de ses investigations. 

L’annonce en grandes pompes de ce projet par les autorités algériennes a fait croire aux Algériens que leur pays va enfin réaliser une notable avancée dans l’amélioration de notre sécurité alimentaire. Mais, en réalité, sur le terrain, les fameux américains du groupe  American international agriculture Group (AIAG) n’ont jamais labouré ou exploité le moindre hectare. Et pour cause, ce groupe obscur sur lequel nous ne savons presque rien s’est officiellement désisté pour la simple et bête raison que les banques algériennes ont refusé catégoriquement de lui octroyer un méga-crédit qui se chiffre à près de… 500 millions de dollars !

Oui, c’est le montant rocambolesque qui a été demandé aux banques algériennes par ces soi-disant investisseurs américains lesquels ont voulu ainsi s’implanter en Algérie sans apporter un seul… sou ! Pour démarrer les immenses activités agricoles promises à l’Algérie, ils ont exigé le déblocage d’un crédit d’environ 67 milliards de DA, soit près de 500 millions de dollars. Aucune banque algérienne n’a pu prendre en charge cette demande excentrique. Les autorités suprêmes du pays ont jugé également cette requête déplacée et effrontée en pleine crise financière qui paralyse l’Etat algérien, a-t-on appris au cours de nos investigations.

Mais quel est cet investisseur étranger qui peut se permettre de promettre la lune à tout un pays sans apporter le moindre apport financier personnel à son projet ? En réalité, de nombreuses sources soupçonnent une escroquerie derrière le fameux American international agriculture Group (AIAG). Ce groupe ne semble exister que sur le papier et il aurait été créé uniquement pour réaliser un investissement douteux en Algérie. En février 2017, l’expert financier Ferhat Ait Ali avait, pourtant, tiré la sonnette d’alarme.

« C’est une LLC, ou l’équivalent d’une Sarl créé, le 06 juin 2015, au 4031 Université Drive, dans le comté de Fairfax dans l’Etat de Virginie, sous le numéro USVAS565945, et sans aucune autre action commerciale à ce jour, depuis sa création, au capital social indéfini, sans aucun compte bancaire connu, ni aucune activité connue dans son domaine supposé d’activité », avait-il expliqué dans une contribution publiée par nos confrères de Maghreb Émergent.

« Son site internet sous le lien suivant http://aiagus.com/, a été conçu et enregistré avec réservation de nom de domaine le 15 aout 2015, chez un provider en Arizona. Il ne contient rien d’autre que quelques photos et professions de foi sur l’honnêteté et la confiance, qui prévalent dans ses agissements, ce qui est de nature à attirer les soupçons en règle générale », avait révélé encore le même expert algérien lequel avait compris que ce fameux groupe américain ne détient absolument aucun actif qui la prédispose à investir pour près de moitié de 800 millions de dollars (49 – 51) dans l’agriculture saharienne en Algérie.

Et malgré toutes ces révélations, les autorités algériennes n’ont diligenté aucune enquête. Pis encore, les autorités algériennes vont faire preuve d’une naïveté étonnante et suspecte en allant jusqu’à confier  25.000 hectares  à El Bayadh à « un consortium d’entreprises Américaines » qui n’ont présenté aucune référence convaincante. C’est tout simplement inédit à travers le monde entier.

Le président de Conseil d’Affaires Algéro-Américain, Smaïl Chikhoun, a joué également un rôle controversé dans ce dossier très douteux. Il est allé se balader sur les plateaux de toutes les radios et télévisions publiques pour ne pas tarir d’éloges sur ce méga-projet qui va libérer l’Algérie de sa dépendance vis-à-vis des importations alimentaires.

Un mensonge éhonté ! Ce fameux investisseur américain n’a aucune assise technique et financière. Il apparaît clairement que des cercles algériens occultes ont instrumentalisé ce groupe américain fantoche et inconnu dans le monde entier pour tenter d’arracher à l’Algérie des crédits d’un montant pharaonique de 500 millions de dollars. De l’argent qui n’aurait jamais pu être remboursé…

Que reste-t-il sur le terrain ? A El-Bayadh, seul le groupe privé algérien Lacheb, qui fut pendant des années l’un des plus importants importateurs de bananes en Algérie, travaille seul et exploite avec ses moyens l’équivalent de 2000 hectares de terres agricoles. 400 hectares de ces terres ont été utilisées pour la culture de la pomme de terre. Pour la superficie restante, ce groupe privé envisage de développer la céréaliculture. C’est tout ce qui reste de ce méga-projet agricole signé sur les papiers le 8 novembre 2015. Ce jour-là, personne ne se doutait que cette joint-venture algéro-américaine dans le domaine agricole est une arnaque.

Algérie Part poursuit ses investigations et reviendra prochainement sur ce dossier avec de nouvelles révélations.